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 Rouge Souvenirs [NC-13]

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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Rouge Souvenirs [NC-13]   Jeu 13 Nov - 15:30





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Je rabattis la capuche de ma cape sur ma tête, cachant mes longs cheveux noirs aux pointes rouges, puis, invoquais quelques   Filament d'obscurité et mes laissais s'enrouler autour desdites pointes rouges, les rendant noirs. Après tout, on est jamais trop prudent. Je jetais un oeil à mon reflet dans la glace. Habillée en cuir noir et complètement enveloppée dans ma cape, on ne voyais que mon visage, ainsi qu'une mèche de mes cheveux qui tombais devant mon oeil rouge, le cachant.  Mise à part mon teint pâle et les étranges crocs que je possédais, j'avais l'air plutôt normale. La seule chose qui, selon moi, me rendait trop reconnaissable et que je ne pouvais camoufler était mon accent italien. L'Italie étant un pays qui n'existait plus depuis plusieurs siècles, plus personne n'en avait l'accent, sauf moi. Pour les humains, ça passait encore, la majorité le prenait pour un accent du sud, mais pas pour les autres Volontés. Soupirant, je secouais la tête. Tant pis. Je ne pouvais rien y faire. J'abandonnais brièvement ma forme physique pour me transformer en ombre, le temps de franchir la cascade sans me mouiller, puis redevint moi-même rapidement. Inutile de gaspiller de l'énergie, je pouvais aisément faire le reste du trajet en marchant.


~~~


Je mis un peu plus d'une heure à me rendre à Somnia Libertas. Dans le quartier nord, plus précisément. Un bled pourris, certe, mais je risquais moins de croiser d'autres Volontés et puis, je passais plus inaperçue ici qu'au quartier sud.  Zizaguant agilement dans la foule, j'en profitais pour balayer les alentours de mon unique oeil découvert, le noir. Quelques étals de marchands ittinérants, plusieurs voleurs et très peu de clients honnêtes.  

Avisant la ruelle que je cherchais, je m'y engouffrais. Un homme s'y trouvais et marchais en sens inverse. Une quarantaine d'années et une carrure d'armoire à glace. Il me bouscula en passant près de moi. Une vague de colère me submergea aussitôt.


« Bastardo! »

Lancais-je en italien, furieuse. Réprimant mon accès de colère soudain, je me fis violence pour ne pas lui règler son compte et disparue rapidement dans la dimension des Volontés, sans même prendre la peine d'écouter celui qui m'avait bousculé et qui revenait, visiblement mécontent. Inutile d'attirer l'attention sur cette ville en tuant quelqu'un.  Je suivis un courant aquatique un court instant et basculais de nouveau dans la dimension des humains, à quelques rues de l'endroit où j'étais précédement et pile en face de l'entrée de la boutique ou je voulais aller; une vieille librairie assez miteuse. Je m'y engouffrais et vérifiais qu'il n'y avait personne d'autre que le vieillard qui tenait la boutique avant de prendre la parole.


« Bonsoir Ichiro... Tu as quelque chose à me proposer? »

« Bonsoir Lady.  J'ai quelques nouveaux livres dans ce bac là-bas, mais rien de très récent. »

Je m'y dirigeai et, examinais les livres et me perdant brièvement dans mes souvenirs en voyant un exemplaire d'une vieille histoire de vengeance.  La vengeance... Une activité qui avait occupé une bonne partie de mon immortalité. Je feuilletais le livre pour en lire quelques phrases, relâchant légèrement ma vigilance. De toute ma vie, mortel autant qu'immortel, j'avais toujours adoré les livres. Dommage qu'il n'en fasse plus en italien.



[/i]



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Dernière édition par Alice A. SaDiablo le Dim 28 Déc - 16:19, édité 1 fois
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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Lun 17 Nov - 16:28

Aujourd'hui fut une journée très déprimante, comme tant d'autres.
Cédrick Kessai était réveillé depuis des heures et des heures à présent, mais il n'avait toujours pas quitté son lit depuis ce matin. Il n'avait pourtant plus du tout sommeil, c'est juste qu'il ne voyait aucun intérêt à se lever. Pour faire quoi après tout ? Pour aller où ?
En effet, il ne savait absolument pas ce qu'il pouvait faire pour s'occuper ces temps-ci, et cela le blasait profondément. D'autant que maintenant le Soleil commençait à se coucher, ce qui ne l'aidait pas à se ressaisir moralement.

Ce fut une de ses servantes qui l'encouragea à descendre se balader en ville quand elle vint nettoyer sa chambre. Elle se montra un peu insistante, d'une part parce qu'elle voulait pouvoir faire son boulot tranquillement, mais aussi car quand son maître n'était pas de bonne humeur, cela retombait toujours tôt ou tard sur le personnel.
Le baron, sans véritables arguments pour continuer sa non-activité, acquiesça donc en silence. Même s'il n'aimait pas marcher, il ne lui restait que cette option pour se changer les idées.
Alors, il s'habilla, fit un brin de toilette, et dans l'heure qui suivit il fut au pied de son manoir, celui-ci étant un peu à l'écart du quartier Sud de Somnia Libertas.

Il se mit donc en route vers celui-ci, avec une démarche de condamné qui s'apprête à passer sous la guillotine. Il ressentait déjà un ennui mortel.
Il traversa la partie Sud tête baissée et mâchoires serrées, plus agacé que relaxé par tous ces gens aisés et rigolards autour de lui qui s'interpellaient de loin pour ensuite se remémorer ensemble toutes les petites sauteries qu'ils avaient pu faire ce mois-ci, dans un ridicule concours de celui ou celle qui avait dépensé le plus d'argent pour rien.
Bien sûr, ce n'était pas la réalité vraie, mais c'était ce que Cédrick entendait à chaque fois qu'il passait près de ce genre de richards: "Moi j'ai invité quatre-cent personnes que je ne connaissais même pas pour un grand buffet qui aurait coûté un bras à une personne de classe moyenne ! Et toi ? Seulement deux-cent-cinquante ! Oh dieu ! Que les temps sont durs pour toi ! Huhu je compatis."
C'était toujours ainsi. Les conversations ici étaient toutes les mêmes. La Volonté vivait dans un milieu où tout le monde se jalousait, se méprisait à qui mieux-mieux, au point de toujours vouloir se mettre sur un piédestal pour ridiculiser ses "adversaires". Ils se croyaient tous dans un concours, et dépensait des sommes folles pour le gagner. Alors qu'il n'y avait aucune récompense pourtant.
En clair, Cédrick Kessai détestait ces gens. Et le pire, c'est que plus le temps passait, plus il se sentait devenir mégalomaniaque comme eux. Peut-être l'était-il déjà. Ce doute le faisait bouillir.

A force de marcher tout droit, il finit par quitter le Quartier Sud pour débouler dans celui du Nord sans s'en rendre immédiatement compte. Mais l'ambiance ici-bas avait toutefois visiblement changé.
Déjà, la foule était beaucoup plus dense. Le baron avait beaucoup de mal à se frayer un passage parmi tous ces passants qui circulaient en tous sens. S'il n'avait pas tenu son chapeau de feutre, il l'aurait d'ailleurs perdu depuis longtemps dans cette marée humaine.
Mais d'un autre côté, malgré le sentiment de stress omniprésent dans ce milieu, Cédrick trouva cet endroit déjà plus chaleureux que le Quartier Nord. Les sourires autour de lui étaient plus rares, mais ils semblaient plus sincères. Aussi, tous ces gens avaient autre chose à faire que de parler haut et fort de tout l'argent qu'ils comptaient dépenser dans la semaine. Non, ils avaient des choses à faire eux. Ils avaient des buts, des espoirs, des idéaux !
Mais il fallait vite se raisonner quand même. Tout n'était pas non plus tout blanc dans ce quartier. Par exemple, à cause de ses habits, le baron attirait beaucoup les regards, notamment de personnes à l'air peu recommandables. Il devait y avoir beaucoup de vauriens qui attendaient des proies à la bourse bien remplie dans des endroits stratégiques pour les dépouiller jusqu'aux os.
Heureusement, Cédrick n'avait rien emporté en venant, il n'avait donc théoriquement rien à craindre.

Du moins c'est ce qu'il croyait.

En effet, quand le promeneur tourna dans une rue un peu moins bondée de monde, sans vraiment savoir où il allait, il tomba subitement nez à nez avec un vieil homme débraillé qui l'empoigna aussitôt au col, de ses deux mains fébriles.

"-Eh, m'sieur ! T'as pas un peu d'blé pour un pauvre gus comme moi ?"

Son haleine empestait l'alcool frelaté, et ses pupilles s'agitaient dans tous les sens comme si l'ivrogne était possédé par une folie furieuse. Cédrick n'eut même pas le temps d'articuler une réponse qu'il enchaîna aussitôt:

"-Avec ton costard, t'es sûrement un de ces putains de noble, toi, hein ? Je te d'mande pas grand chose, juste de quoi boire un coup, mon vieux. Alleeeez !"


"-Je n'ai rien sur moi."
affirma le "putain de noble" posément.

La réaction ne se fit pas attendre. Le demi-sourire édenté du mendiant se tordit en une expression de rage, et il entreprit de secouer violemment Cédrick, l'air encore plus dément qu'auparavant.

"-Ben ouais, sûr, t'vas me faire croire que t'es pauvre pt'être ! T'viens pour te moquer de nous, c'est ça ? J'suis sûr que t'es plein aux as, mais qu' t'es trop radin pour filer deux ou trois pièces à un vieillard dans le besoin.
Je te dégoûte, hein ? Mens pas, j'vois ton air offusqué, pauvre chou. Tiens, prend ça !"


Sur ce, le vieil ivrogne se racla la gorge et cracha au visage de Cédrick Kessai sans aucune autre forme de jugement.
Les autres personnes présentes dans la rue ne prêta aucune attention à la scène, sauf quelques enfants qui rirent aux éclats suite à cette insulte physique.

A cet instant, le baron ne dit rien, ne se dégagea pas de la prise du mendiant, et n'essuya même pas la salive sur sa joue.

Ses yeux jaune bronze le picotaient. Cédrick avait envie plus que jamais de les "activer". Il avait envie que ce fou les voit devenir semblables à deux gouffres océaniques, avant de se voir contraint de se donner la mort de façon horrible sans pouvoir rien y faire.
La Volonté des Immortels fit glisser son regard empli de colère tout autour de lui, examina beaucoup d'éléments, et imagina mille et un ordre possibles à donner en rapport avec ceux-ci lorsque ce gueux serait hypnotisé. Il pourrait le pousser à se percher sur le toit d'un des magasins proches pour ensuite plonger vers le sol goudronné tête la première. Ou bien, Cédrick pouvait le forcer à agresser d'autres passants jusqu'à ce que ce minable se fasse planter. Oh non encore mieux ! La Volonté observa un mur à sa gauche, et s'imagina envoyer son agresseur se fendre le crâne de lui-même contre cette construction. Il sourit d'aise en imaginant le bruit du choc, et celui du sang qui repeindrait les murs...

Quand il revint à la réalité, le mendiant en haillons avait déjà disparu dans la foule. Il avait sûrement été lassé par le manque de réactivité de sa victime.
Subitement et profondément déçu, Cédrick essuya donc le crachat sur son visage d'un revers de la manche, et rajusta ses habits.

"-Quel dommage qu'il ne soit qu'un humain... Je me serais tellement amusé sinon."
murmura le jeune homme pour lui-même en plongeant son regard dans le vide.

Il passa encore une heure à errer sans cesse dans les ruelles du Quartier Sud, encore plus déprimé qu'avant, puis finit enfin par décider de prendre une pause quand il aperçut enfin une vieille librairie parmi tous les étals et les habitations abandonnées. A ce moment-là l'étoffe de la nuit recouvra déjà le ciel, et les rues étaient beaucoup moins bondées de promeneurs. La plupart était rentré chez eux, ou bien était allé simplement glandouiller ailleurs, un peu plus loin.
Cédrick n'aimait pas l'idée de traîner dans un endroit aussi glauque la nuit, mais ne tenait pas non plus à utiliser un "courant" pour retourner au manoir. Bien que très pratique, il se méfiait de ce genre de moyens de transport, susceptible de trahir son identité de Volonté, et même possiblement de se faire localiser par ses vieux ennemis.
Il n'y avait donc pas vraiment de choix. Peut-être pouvait-il se reposer un peu les jambes ici, dans ce fantastique univers de livres, en attendant de trouver un moyen de rentrer peu fatiguant sans pour autant être risqué. Effectivement, l'idée de faire une pause semblait plus importante pour le promeneur.

Cédrick Kessai poussa donc la porte de la vieille librairie, et salua poliment le vieil homme derrière son comptoir.

"-Bonsoir, monsieur... Je cherche...euh... Avez-vous des livres de science-fiction ?"
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mar 18 Nov - 23:06





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Ayant commencée à feuilleter le livre sur lequel j’avais jeté mon dévolue, je relâchais un peu ma vigilance, me laissant distraire par l’histoire. Les premiers livres que j’avais lu, c’était Zéro qui me les avaient offerts. C’est d’ailleurs lui qui m’avait appris à lire, puisque je ne pouvais pas suivre les cours de l’orphelinat. Quel délice c’était, de passer des heures absorbée par la lecture qui me permettait d’oublier ma vie. Puis les Anciens Dieux étaient venus et la plupart des livres que m’avait offerts mon défunt amour avaient été détruits. Je n’avais pu en retrouver qu’une dizaine, dont la plupart avaient été légèrement abîmé par l’humidité de la caverne qui abritait désormais mon manoir, durant ma mort. C’est d’ailleurs pour eux que j’avais été si empressée de retourner à mon ancien refuge après la guerre. Ils étaient maintenant bien en sécurité dans ma bibliothèque, parmi les rares livres italiens que j’avais pu retrouver en fouillant les restes de la planète, après le combat contre les immortels.


"-Bonsoir, monsieur... Je cherche...euh... Avez-vous des livres de science-fiction ?"

Je tressaillis, submergée par une vague de haine. Serait-ce…? Je me forçais à respirer calmement puis jetais un coup d’œil vers le propriétaire de la voix que je venais d’entendre, le plus discrètement possible. Inferno e dannazione! Quelle malchance! Les boutiques que j’appréciais et où je me rendais assez régulièrement se comptait sur une seule main, et il fallait qu’il se retrouve dans l’une d’elle, pile au moment où je m’y trouvais! Des années à le fuir et, finalement, je le croisais par hasard! Je serais les dents jusqu’à sentir mes crocs entaillés ma langue et un léger goût de sang envahir ma bouche. Réfléchissant à toute vitesse, j’examinais mentalement la situation tout en me faisant violence pour contenir ma rage qui me hurlait de l’attaquer derechef. Il fallait que j’évite de me faire remarquer et que je me casse le plus vite possible pour m’éloigner de cet endroit, cependant, étant habituée de venir ici, le vendeur trouverait étrange que je me sauve comme une voleuse et ne manquerait surement pas de m’interpeller si je m’exécutais. D’un autre côté, parler étais hors de question, je me ferrais repérer dans la seconde, et si je me contentais de payer et de partir en silence, ça pourrait se révéler risqué, si je croisais le regard du nouvel arrivant. Basculer dans la dimension des Volontés était inenvisageable. N’importe lequel de mes semblables sentirait le passage d’une dimension à l’autre à près de trois kilomètres de distance et peut-être plus, selon leur rang. Maudissant silencieusement la Volonté des Immortels, car c’était malheureusement bien lui qui se trouvait maintenant dans la boutique, j’essayais de me décider. Rageant de devoir m’enfuir comme une lâche, je fis mon possible pour me composer un visage neutre et me dirigeais vers Ichigo. Je payais rapidement, lui fourrant plusieurs pièces d’or dans la main, probablement le quadruple du prix du livre et me dirigeais vers la sortie, veillant à regarder le sol et à ne pas me déplacer trop rapidement. Mon pas restait néanmoins un peu trop rapide, mais il restait humainement possible. Je fis mon possible pour être le plus discrète possible.




« Votre monnaie, Lady… Hmm, bien, à la prochaine, faites attention à vous. »

Je m’engouffrais dehors sans répondre et quelques pas plus loin à peine, je poussais à fond la vitesse que me procurais ma nature de Volonté. Je jurais dans ma langue natale en constatant que la foule était déjà nettement moins dense que tout-à-l ’heure. La nuit, les gens qui avait la force nécessaire pour se balader dans le quartier nord envahissaient les bars, pour la plupart, et les autres s’enfermaient chez eux. Je croisais un groupe d’homme qui me barra la route. Changer de dimension étant toujours aussi risqué, je sortis rapidement deux poignards et m’arrêtais. Les brutes commencèrent à rire devant le tableau que j’offrais. Malgré la cape qui me dissimulait presque entièrement, on pouvait aisément deviner que je ne pouvais avoir plus de 19 ou 20 ans et je n’en menais pas large face à eux. Je bondis à une vitesse inhumaine et avant qu’ils aient le temps de réagir, ma lame avait frôlé une gorge. Leur rire s’arrêta net lorsque l’un d’eux s’effondra au sol, un torrent rouge s’écoulant de sa gorge alors que la vie le désertait. Je ne pris pas le temps de tenter de me contrôler et me laissais submerger par les instincts meurtriers que me conférait ma nature ténébreuse ainsi que les évènements qui avaient marqués mon passé, et que je combattais normalement en souvenir de Zéro. Un sentiment euphorique m’envahit, semblant électriser mon sang, lorsque l’acier de ma lame mit un terme à l’existence du malheureux qui s’était retrouvé sur mon chemin. Le sentiment de puissance que me procurait ce combat inégal était délicieusement grisant. Le dernier homme tenta de s’enfuir en hurlant que la fille était une Volonté, et accompagnant son constat de plusieurs jurons. Je rangeais mes poignards à la vitesse de l’éclair et sortais une arme plus adaptée au tir, soit un autre poignard mais de qualité nettement moindre. Il se retrouva planté dans le dos du fuyard en moins de deux, puis, je disparue, le laissant agoniser sans même m’occuper d’abréger ses souffrances, victime non pas de mon besoin de fuir rapidement, mais seulement par une insidieuse envie de meurtre. Cette blessure le tuerait d’ici une vingtaine de minutes, au maximum, et puis, mon envie de sang embrouillait un peu ma discrétion. Mon coup de lame était certes reconnaissable, mais bien moins que mes pouvoirs. Je réfléchis, tentant de reprendre mes esprits et jurait de nouveau, me rendant compte que j’avais laissé les corps en pleins milieu de la ruelle. Qu’importe, je n’avais pas le temps de les dissimuler. Où aller, maintenant? Ma cape maculée de sang m’empêchant de me réfugier dans un quelconque bâtiments, je ne pouvais pas non plus retourner à mon manoir, au cas où le rang Zéro aurait malgré tout pu me repérer. Je ne pouvais pas prendre le risque de le guider jusqu’à mon refuge. Et changer de dimension était encore trop risqué. Je m’engouffrais dans une petite rue et me mis à marcher, toujours à une vitesse hallucinante pour un mortel, sans but réel, me perdant dans un parcours labyrinthique afin de brouiller les pistes le plus possible, et ne m’arrêtais que lorsque je jugeais m’être assez éloignée.

Je bondis agilement sur un toit et m’y assis, scrutant la ruelle d’où je venais, tous les sens en alerte. L’inquiétude avait fini de dissiper mon envie de tuer. J’avais réussis à éviter la Volonté des Immortels pendant des années, redoublant de prudence, sachant qu’il me chercherait surement, après avoir réglé son compte à la Mort. Quelle ironie, qu’après des années passées à jouer à ce qui ressemblait presque à un jeu du chat et de la souris, je finisse par le croiser par hasard. Je tentais de profondes inspirations, laissant l’air de la nuit me calmer. Après tout, peut ne m’avait-il même pas remarqué. Cet incident ne resterait peut-être qu’un incident qui n’aurait plus d’importance dans quelques jours… S’il ne m’avait pas vu, il n’y aurait aucun problème, en fait…






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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Jeu 20 Nov - 15:59

Aussitôt après que Cédrick ait fait sa demande, le libraire se mit à réfléchir quelques instants avant de proposer  une flopée de noms de livres et d'auteurs, que le baron ne connaissait pas pour la plupart, ou bien juste de nom.
Vu qu'il hésitait, il énuméra donc doucement les quelques noms de bouquins qui sonnaient le mieux, et qu'il avait réussi à retenir dans la liste citée. Puis il demanda des précisions sur leur intrigue respective.

Durant le long discours dans lequel il venait de lancer son interlocuteur, une silhouette encapuchonnée s'avança vers eux. Cédrick reporta naturellement une partie de son attention sur cette nouvelle apparition, d'autant que celle-ci était étrange du fait de son accoutrement ; elle était entièrement enveloppée dans un long manteau traînant, comme une cape.
Pas un seul bout de peau n'était à découvert. Même son visage était invisible aux yeux du rang Zéro puisque l'inconnu baissait la tête au point qu'il ne devait pas voir grand chose.
Suite à ces constats, Cédrick se tourna vers lui tout en s'écartant un peu. Qui sait, cette personne était probablement malade pour arborer telle tenue ? Ou bien tenait-elle juste à passer incognito, pour une raison plus ou moins glauque ? Pas étonnant dans un quartier aussi peu sûr, après réflexion.

Soudainement, il sentit une sorte de frisson lui remonter le long de l'échine, accompagnée d'une douleur lancinante qui lui coupa un bref moment le souffle. Il serra les dents en essayant de ne rien laisser paraître de son mal-être d'origine inconnue, mais cette douleur devint souffrance généralisée, puis bien vite une torture de plus en plus insoutenable, à tel point que Cédrick crut qu'il allait s'écrouler. Heureusement, elle fut trop brève pour cela.

« Votre monnaie, Lady… Hmm, bien, à la prochaine, faites attention à vous. »

L'inconnu, qui s'avérait être une inconnue, venait de payer et avait disparu dans la foulée.
Cédrick ne fit pas le lien, mais ses douleurs avaient commencé à se faire moins vives uniquement quand la porte s'était refermé derrière la cliente.
Une minute plus tard, tout était revenu à la normale. Le baron se dit qu'il avait dû se sentir mal à cause de sa marche. Il était vrai qu'il n'avait pas fait un peu d'effort depuis très longtemps.
Le libraire avait déjà recommencé ses longues explications sans voir qu'il n'était pas écouté.
Mais Cédrick se rappelait de quelque chose depuis qu'il avait vu l'encapuchonnée payer.
Il n'avait pas pris de quoi acheter un seul bouquin. Quel étourdi.

"-Finalement, je devrai revenir un autre jour. J'avais oublié que dans une librairie, on n'empruntait pas les livres, on les payait, contrairement à une bibliothèque. Désolé, mais je ne peux rien prendre." déclara-t-il sobrement en interrompant le vendeur.

Celui-ci haussa les épaules, compréhensif. Le lecteur se détourna donc de lui sur un petit au-revoir, et sortit du commerce, à la fois un peu déçu et inquiet.
Il allait bien falloir qu'il rentre maintenant. Et il ne savait toujours pas comment.

Mais ce devint vite le cadet de ses soucis. En effet, des hurlements de possédé lui parvinrent dés qu'il posa le pied dehors. Des appels à l'aide venant d'une voix masculine épouvantée, qui d'ailleurs cria un mot très particulier entre deux cris, avant de s'évanouir brusquement dans le silence.

"- Une Vo...lon...té ?" répéta-t-il, les yeux écarquillés au possible.

Ici, à Somnia Libertas ? Et dire que Cédrick les croyait tous planquées au Sud ou chez eux, jusqu'à présent !
Il se mit immédiatement à marcher tout droit vers la provenance des anciens cris, rapidement mais sans courir. Même si la nouvelle relevait de l'extraordinaire il n'avait aucunement l'intention de trop se fatiguer. De toute façon il ne devait plus tellement avoir la forme, comme l'avait prouvé la vague de douleur qui l'avait assaillie peu de temps auparavant.

La Volonté chasseuse de Volontés tomba bientôt sur un cadavre qui était encore en train de se vider de son sang chaud, et supposa rapidement que celui-ci venait d'être égorgé avec violence. Il ne s'y intéressa pas plus et continua, jusqu'à trouver un second mort... qui n'était pas encore mort.
En effet, celui-ci gémissait de douleur en rampant sans but sur le sol, avec un poignard fiché dans le dos.

"-Et bien et bien... Qu'avons-nous là ?"
demanda Cédrick de façon rhétorique avant de se pencher sur le survivant.

"-Pitié... aidez-moi. Pitié." murmura la victime avec difficulté.

Pour toute réponse la Volonté attrapa l'arme blanche...et la retira sèchement de la chair de l'homme, déclenchant ainsi une hémorragie externe. L'autre gémit de plus belle, avant de supplier à nouveau le baron d'une voix de plus en plus éteinte.

"-Chhht... Arrête de bouger ou tu te videras encore plus vite de ton sang. Je vais t'aider."

Il s'accroupit près de la victime.

"-Oh, merci ! Merci, merci !" souffla celui-ci en toussotant.

Cédrick leva haut la main droite, qui serrait le poignard.

"-Mer... ?" s'interloqua le blessé.

Cédrick planta de nouveau "son" couteau en plein milieu du front de celui qui s'imaginait déjà sauvé.
Il fit un mince sourire.

"-De rien, c'est naturel la grandeur d'âme chez moi. Je ne pouvais pas te laisser souffrir plus longtemps après tout. Disons que je suis...très humain."

Ceci fait, il récupéra l'arme qu'il venait de s'approprier, essuya sa lame sur les vêtements du mort qui était à présent bel et bien mort, et se remit enfin en route. Il était au trot cette fois, car la bonne action qu'il venait de réaliser lui faisait se sentir mieux qu'avant, comme s'il venait d'acquérir un regain d'énergie.
De plus, il tenait à s'éloigner vivement de la scène du crime. Les curieux ne tarderaient peut-être pas à venir voir ce qu'il s'est passé pour qu'il y ait tant de cris. Même s'il n'y avait pas eu beaucoup de réactions jusque maintenant.
Et puis, enfin et surtout... Il ne fallait pas que la Volonté qui osait se promener ici s'échappe.

Il prit le poignard de la main gauche, et défit la chaîne qui entourait son poignet droit, afin d'être prêt à un affrontement peut-être imminent.
Ainsi armé, son excitation monta vivement d'un cran. Et il avait commencé à accélérer sans même s'en rendre compte. C'était ce qu'on devait appeler le plaisir de la chasse.
Le bruit des maillons de sa chaîne pendante qui raclaient contre le sol, juste derrière ses pieds, accentuèrent encore un peu son euphorie à chaque seconde.

Bientôt, il atteignit la vitesse propre à ceux qui avaient perdu leur humanité, et quitta les rues principales pour s'engager dans les ruelles où il avait moins de risque d'être vu. Il ricocha alors sur les murs comme une balle de tennis pour prendre de la hauteur, puis se mit à bondir de toit en toit, afin d'avoir une meilleure visibilité sur les déplacements de sa cible.
Au fond de lui, il priait pour que personne ne puisse le reconnaître. S'il perdait sa couverture, ce serait la fin de tout.
D'ailleurs, il savait qu'il ne se serait jamais permis un tel écart de comportement en temps normal. Pas pour une seule Volonté. Il aurait juste averti ses chasseurs au plus vite pour partir à sa recherche d'habitude.

Mais ce soir, c'était différent. Il avait envie de participer au jeu de la chasse et de tuer lui-même. Peut-être était-ce le fait d'achever l'autre pauvre gars qui l'avait tant grisé, après tant de temps passé à ruminer sans rien faire chez lui. Ou peut-être qu'il écoutait juste son instinct qui lui hurlait de trouver l'intruse, et ce depuis qu'il avait entendu qu'elle était là.
Peu importait, il allait jouer.

Il finit par discerner une silhouette de dos, perché sur un toit non loin. Cette personne était entièrement dissimulée dans une grande cape, tâchée de rouge. L'habit que portait l'inconnue de la librairie.
Il n'y avait pas de doute. Cédrick était passé juste à côté d'une de ces sales Volontés qui ne savent apporter que le désastre et la mort, et ce sans se douter de rien. Il allait réparer son erreur.

Il ralentit, fit le dos rond, et s'approcha discrètement de l'ennemie en faisant de petits sauts juste assez grands pour passer d'un toit à l'autre, dans un silence uniquement troublée par les cliquètements de sa chaîne qu'il étouffait du mieux qu'il pouvait avec sa veste, et par sa respiration ample et excitée.
Sa main gauche brandissait haut le poignard emprunté, qui ne tarderait pas à "rejoindre" son ancienne propriétaire.
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Jeu 20 Nov - 22:30





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[ Désolé, c'est un peu court, mais il est tard et je suis crevée, cependant, je voulais répondre avant la fin de semaine puisque je ne serrais pas chez moi et je ne sais pas si je serais en mesure de répondre, donc voila, excuse-moi ^^'' ]




Je commençais à être rassurée. S’il m’avait repérée, je l’aurais su avant de pouvoir sortir de la librairie, non? Cependant, bien qu’essayant de me convaincre, je doutais. Mon instinct me crillait que quelque chose  clochait. Je n’arrivais pas à me calmer, restant à l’affût du moindre bruit. C’est probablement ce qui m’évita de me prendre une dague qui, d’ailleurs m’avait appartenue quelques temps plus tôt. Cependant, si j’avais eu plus de temps pour réfléchir, j’aurais choisie de me prendre l’arme. Mais, lorsque j’entendis le sifflement caractéristique d’une lame volant vers moi, mes réflexes agir à ma place. Avant qu’elle n’ai pu me toucher, une opaque brume noire et ténébreuse apparût et l’entoura, l’interrompant dans son vol et la faisant retomber au sol sous mon regard horrifiée. Décidément, je préférais me prendre une dague que de révéler mon identité à la seule personne me surpassant niveau puissance.
Je cherchais l’objet de ma haine de mon unique œil découvert et le trouvais assez rapidement, toutefois, je détournais rapidement l’œil pour ne pas croiser ses iris dorés. Mon cerveau se mit en action rapidement. Que faire?   Inutile d’essayer de le distancer dans cette dimension, je doutais d’y arriver, vu le peu de temps qu’il avait mis à me rattraper. L’autre dimension? Inutile d’y penser, j’étais au rang 1 et lui au 0, il pourrait donc convertir mes courants et je ne tenais pas à risquer de me retrouver piéger dedans. Je serais les dents, m’écorchant la langue de mes crocs, juste à côté du piercing qui s’y trouvait, résultant d’une expérience de l’orphelinat. J’avais bien essayée de l’enlever une fois devenue une Volonté, mais dès que j’étais passé de mortelle à immortelle, j’avais pu constater que mes ancienne blessure ne se régénérait pas comme celle qui datait d’après ma mort, bien au contraire.

J’examinais les différentes possibilités qui s’offrait à moi et me rendait compte qu’elles n’étaient en fait pas très nombreuses. Je voulais éviter un combat, mais ça me semblait de plus en plus impossible. Et puis, la haine sourde qui m’envahissait chaque fois qu’il était dans les parages ne m’incitait pas vraiment au pacifisme. Je tentais toutefois la parole, même si je doutais que ça ait la moindre chance de réussir. De toute façon, j’avais utilisé les ténèbres, alors inutile de cacher mon accent plus longtemps. Toujours emmitouflée dans ma cape et prenant bien soin de ne pas croiser son regard, je lançais donc d’une voix que j’essayais de rendre le plus neutre et dénuée de haine possible :








« Eh bien… Ça faisait longtemps… Je commençais à croire que tu m’avais oublié. »

Je me tenais toutefois sur mes gardes, prête à invoquer les ténèbres s’il faisait mine de m’attaquer, surtout que, ne pouvait le fixer dans les yeux, mon œil se posait sur la grande chaîne qu’il tenait. Je refermais ma main sur l’une de mes dague, espérant que ma cape camouflerait ce geste.




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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mar 25 Nov - 15:47



[No worry, ce n'est pas grave, ne te fatigue pas trop non plus juste pour un message. De même, je m'excuse pour mon retard !]

Cédrick Kessai recourba son bras gauche vers l'arrière, bloqua sa respiration après une longue et discrète expiration, puis déplia son coude d'un geste sec pour finalement lancer la dague qu'il tenait, en direction de l'ennemie.
Le geste avait été parfait, car il avait souvent eu l'occasion de s'entraîner chez lui à ce genre d'exercice pour tuer le temps, et ne faisait donc plus d'erreur depuis un certain temps.
Ce n'était qu'un lancer de couteau de plus, sauf que cette fois l'arme blanche allait atteindre autre chose qu'une cible peinte ou un vieux tronc d'arbre. Cédrick exultait intérieurement quand le poignard fendit l'air, certain de sa réussite.

Pourtant, sans prévenir, l'arme ralentit en plein vol. Elle s'enfonça dans une sorte d'épaisse fumée obscure, avant de s'immobiliser petit à petit. Puis elle tomba.
Le bruit que la lame de fer fit en percutant le toit sembla durer une vie entière et parut aussi assourdissant qu'un grondement de tonnerre pour Cédrick, qui affichait à ce moment précis une expression mortifiée.

Ce n'était pas le fait que l'ennemie eut bloqué aussi facilement son attaque qui le choquait autant, mais plutôt la nature de la défense qu'elle venait d'ériger.  Ce brouillard épais et noir qui venait d'entourer "l'inconnue" était semblable à la nuit, beaucoup, beaucoup trop semblable.
Cédrick reconnaissait ce pouvoir, il ne pouvait pas l'oublier, il n'aurait jamais pu même s'il l'avait voulu, c'était impossible.
Ce mur était issu de la nuit elle-même. C'était la nuit. La Nuit avec un grand N. Et cette personne, juste à quelques mètres de lui, était une Volonté qui pouvait manipuler la Nuit. Elle était la Volonté de la Nuit. Elle était... elle était....

"-Alice..." dit Cédrick Kessai d'une voix étranglée.

Elle se retourna au moment même où il la reconnut. Et La Volonté des Immortels refit face à un visage enfin visible, un visage qu'il n'avait pas revu depuis sa "montée en grade". Celui d'Alice Alhena SaDiablo, qui n'avait pas changé depuis le temps.

« Eh bien… Ça faisait longtemps… Je commençais à croire que tu m’avais oublié. »

Entendre sa voix teintée d'un accent appartenant à un passé si lointain fit à Cédrick l'effet d'une bombe. La vague de douleur qui l'avait submergée dans la librairie revint brutalement, et elle fut encore plus violente, plus dévastatrice qu'avant. La Volonté crut même que toutes les blessures qu'il avait pu arborer dans toute sa seconde vie, du début jusqu'à ce moment présent, venaient tout juste de se rouvrir.  Il avait mal comme jamais, car il était en train de revivre toutes ces longues et affreuses séances de torture, tous ces supplices qu'Alice, que la Volonté de la Mort, et que tout le reste de ces chiens galeux lui avaient fait endurer. Il revoyait tout ce que ses yeux avaient pu percevoir durant ces instants tragiques, et tous ces fragments de mémoire se recomposèrent peu à peu, se détaillèrent et se mélangèrent pour ne former qu'un seul long-métrage résumant toute l'histoire, qui défila alors à la vitesse de l'éclair dans l'esprit de Cédrick. Il revit tout, en une poignée de secondes. Tout ce qu'il avait tenté d'oublier en vain, ce qui l'avait maintenu réveillé la nuit pendant des années.
Cédrick tomba à genoux, la tête entre les mains.
Les mots que la déicide venaient d'énoncer se répétèrent et s'amplifièrent dans sa tête. Cette voix, ses intonations et ses manières pour prononcer telle ou telle syllabe...  Cela non plus, l'ancienne victime n'avait jamais pu l'oublier. Elle lui avait fait mal, cette voix aussi, avec ses insultes, ses moqueries, et son sarcasme. Le venin qu'elle avait porté n'avait empêché Cédrick de guérir totalement, et ce à jamais.

La douleur monta d'un cran, et devint encore plus vive. Cédrick n'en put plus. Il se pencha en avant, retira à la hâte son chapeau pour le jeter à côté de lui, et... vomit tout ce qu'il put sur le toit sur lequel il était.
Ce ne fut que de la bile, car il n'avait rien mangé de la journée comme à son habitude. Ainsi, le rejet fut aussi bref que brutal. Ce fut le seul moyen que le corps du baron eut trouvé pour "évacuer" sa souffrance un court instant.

D'ailleurs,  quelques secondes plus tard, il fut déjà en train de s'essuyer méticuleusement le visage avec un mouchoir tiré de sa poche, sans quitter Alice du regard pour s'assurer qu'elle ne profite pas de ce moment de faiblesse pour attaquer ou s'enfuir.
Après cela, quand il fut assuré que son visage ne comportait plus de salissure, il jeta ce mouchoir derrière lui, aux quatre vents, puis se releva enfin, déjà tout à fait rétabli.

Le moment de crise n'avait duré qu'une minute et quelques en vérité, même si Cédrick avait cru rester à terre pendant plus de vingt minutes, voire plus. Le fait de perdre le contrôle de son corps et de son esprit rallongeait apparemment le temps.
En tout cas, l'expression du baron s'était grandement détendue après cela; il avait repris son air habituel, c'est-à-dire celui d'un jeune homme fatigué et blasé. S'il y avait eu de l'angoisse ou de la colère un court moment sur son faciès, celle-ci n'était maintenant plus qu'un vague souvenir déjà, grâce à cette "purge".

Cédrick Kessai s'éloigna de la "tâche" qu'il venait de faire, et ramassa son fidèle couvre-chef pour le remettre avec une certaine insouciance. Ce fut seulement après tout cela qu'il répondit à l'autre Volonté, très froidement :

"-Non, je n'ai toujours pas réussi à t'oublier, comme tu le vois certainement."

Il la fixait intensément de ses yeux toujours jaunes pour l'instant, et Alice ne répondit pas à son regard, préférant fixer l'arme qu'il portait. Cette bourrelle savait à quoi s'attendre malheureusement avec lui, malgré le temps passé. C'était dommage, mais peu importait. Il trouverait comment l'avoir, elle aussi.

L'estomac de Cédrick recommença doucement à se tordre, non plus à cause des blessures du passé mais en raison de la colère et de l'excitation grandissantes, cette fois. Le jeune homme en costume garda l'air calme, mais il perdait peu à peu son sang-froid. Avec Alice en face de lui, il ne pouvait rester lui-même qu'une poignée de secondes avant que la haine refasse surface, terrible et insatiable.
Il n'aurait même pas dû adresser la parole à ce monstre. Elle n'aurait même pas dû mériter ce privilège. Il aurait dû la tuer de suite, sur le champ, plutôt que de faire traîner les choses.
Oui...Autant réparer ça.

Il saisit la chaîne de ses deux mains, la tendit dans un bruit de ferraille, et se mit à avancer lentement vers son ennemie jurée. Ses yeux le picotèrent, signe qu'ils venaient tout juste de changer de couleur.

Vu de l'extérieur, son regard était devenu d'un bleu abyssal, comme une mer sans fond qui attendait que quelqu'un se noie en elle. Sa pupille elle-même avait été engloutie. Elle réapparaîtrait quand le contact visuel aurait été fait.

"-Alice." murmura le baron sobrement, qui se demandait de quelle façon il allait mettre fin à la vie de son pire cauchemar incarné.
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mar 25 Nov - 22:34





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J’avais prévu le fait  qu’il me déteste et qu’il me recherche. Aussi, je m’attendais à beaucoup de réactions de sa part; qu’il m’insulte ou essai de me tuer, qu’il me menace ou tente de se venger d’une manière ou d’une autre, voir même qu’il jubile du fait d’avoir finalement réussis à mettre la main sur moi… Enfin, mettre la main est une bien grande expression! J’étais peut-être devant lui, mais je ne me laisserais certainement tuée, capturée, torturée ou n’importe quel mot en é qui pourrait traverser la tête de mon ennemi sans rien faire! Cela étant dit, j’avais beau m’attendre à plusieurs réactions, celle qu’il eu me surprit tout de même. Il faut avouer qu’ayant grandie dans un orphelinat sans personne pour m’apprendre quoi que ce soit, ce que je savais, je le devais aux livres ou à Zéro. Cependant, malgré cela, je ne crois pas que ce soit une réaction normale…  il tomba à genoux, et j’appréciais vaguement de le voir dans une telle position de faiblesse. Il vomit ensuite. Ça aurait été le moment rêvé pour m’enfuir… Et je n’aurais pas manqué de le faire si je n’avais pas senti son regard me brûlé sans interruption. Je continuais toutefois de résister à l’envie de le fixer droit dans les yeux pour le défier du regard.
Je penchais légèrement la tête vers la droite, un peu perplexe. L’avais-je marqué à ce point…? Je n’avais effectivement pas été tendre avec lui, je devais bien l’avouer. Une satisfaction malsaine m’envahit et je laissais éclater un léger éclat de rire. Cet homme avait toujours eu le don de faire ressortir mes plus mauvais côtés. Il se releva ensuite rapidement, avant que je n’ai eu la moindre occasion de lui fausser compagnie. Il arbora ensuite une expression de fatigue teinté d’une touche de lassitude. L’envie de voir la douleur remplacer cette expression me tenailla un instant, mais je tâchais de l’ignorer. Me préoccuper de ma survie me semblait, pour l’instant plus important.


"-Non, je n'ai toujours pas réussi à t'oublier, comme tu le vois certainement."


L’arme que je m’étais remise à fixer bougea. Aussitôt, mes deux dagues apparurent dans mes mains. Il approchait lentement. Je me fis violence afin de ne pas bondir et attaquer la première et, à la place, reculait de quelques pas, veillant à maintenir la même distance entre nous. J’entendis mon prénom. Et pour la première fois depuis que j’étais revenue à la vie, quelque chose pouvant ressembler à de la crainte pour ma vie se manifesta. Évidemment, c’était aussi la première fois que je me retrouvais face à quelqu’un me dépassant en puissance. Je chassais rapidement ces réflexions et me préparais au combat qui me semblait, malheureusement de plus en plus inévitable. Je me battrais bien mieux si j’abaissais ma capuche pour dévoiler mon œil écarlate, cependant, j’hésitais; si, par malheur, je croisais son regard, est-ce que le fait de ne le voir que d’un œil changerait quelque chose? Probablement pas, mais j’hésitais tout de même. De toute façon, si je n’avais qu’un œil, j’avais cinquante pourcent moins de chance de croiser son regard, non?
Je secouais un peu la tête pour me remettre les idées en place et me préparais à invoquer les ténèbres, cependant, je me stoppais au dernier moment. Un autre problème se rappela à mon esprit : je ne connaissais pas ses pouvoirs. Bon, évidemment, je savais qu’il pouvait contrôler les autres Volontés en les fixant dans les yeux, cependant, j’ignorais s’il en avait d’autres ou pas. Est-ce que l’utilisation de mon pouvoir pourrait se révéler risquée pour moi?


«


Je serais ensuite mes dagues plus fort. Je savais me battre, c’était quelque chose que j’adorais et que je pratiquais depuis le début de mon éternité, cependant, me battre contre un adversaire représentant une réelle menace avec un seul œil et en évitant en plus le moindre contact visuel était vraiment risqué… Je rangeais rapidement mes lames. Autant me battre avec ce que j’avais de mieux. Je sortis ce qui ressemblais à une barre en métal noire et actionnais un mécanisme  dissimulé. Aussitôt l’objet repris sa vraie forme : celle d’un manche de faux noir gravé de motifs complexes couleurs de sang, au bout de lequel se trouvait une magnifique lame recourbés en plusieurs endroits. Je la fis tournoyer entre mes doigts d’un geste expert avant de la placer rapidement devant moi, en diagonale, en position de combat.  




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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Jeu 27 Nov - 16:44


[Pour les actions qui vont suivre, je préviens, ça peut être difficile à suivre ! J'ai eu du mal à décrire avec exactitude ce qu'il se passe, alors voilà. ^^'']


Quand Cédrick avait commencé à s'avancer vers Alice, la jeune fille s'était aussitôt mise sur la défensive. Elle s'était d'abord éloignée au pas, pour mettre de la distance entre eux deux, et à présent elle trifouillait dans ses vêtements, sûrement à la recherche d'un outil pour se défendre. Ses gestes paraissaient hésitants, car elle devait être en pleine analyse de la situation actuelle pour déterminer la marche à suivre. Le rang Zéro pourrait profiter de cette incertitude pour l'attaquer, mais il voulait encore faire durer le plaisir.
Avait-elle peur ? Peur au point d'être totalement en panique, intérieurement ? Pas facile à dire, les expressions d'Alice n'étaient pas facilement déchiffrables, vu que son visage était bien couvert avec sa capuche. Toutefois,si on ne pouvait pas lire de terreur dans son attitude, il n'y avait pas non plus de la fierté ou bien pire : de la moquerie, pas comme avant ! Pour une fois, il n'y avait pas de véhémence chez elle, ni de la vanité. Pas de rires, d'insultes, d'accusations, ni de regard provocateur. A juste titre, pour le dernier détail, étant donné que les yeux bleus de Cédrick cherchaient toujours ceux de son ennemie avec une avidité palpable.
En effet, pour une fois, Alice A. SaDiablo n'en menait pas large, et cela suffisait amplement à Cédrick comme spectacle. Il était ravi, même si son air las n'avait pas bougé d'un iota.

Mais comme toutes les bonnes choses avaient une fin, la Volonté de la Nuit finit par se décider à sortir quelque chose de son épais habit.
Un bâton. Non, plutôt une barre, une longue barre de métal, qui n'en était pas tellement une en réalité. Cette arme se déplia bien vite une fois dévoilée, pour se métamorphoser en une grande faux noire et rouge, à l'image de sa propriétaire, que ces couleurs représentaient si bien.
Elle fit quelques moulinets avec cette nouvelle venue, puis se mit enfin en position, plaçant son moyen de défense entre elle et Cédrick.

Cédrick Kessai ne broncha pas. Il s'était bien arrêté brièvement, surpris, quand elle avait sorti sa faux sanglante, mais il n'avait pas tardé à reprendre son avancée, et ce sans la moindre remarque ou même le plus petit changement d'attitude.
Tout ce que Cédrick faisait, c'était de se diriger vers sa cible avec assurance, en cherchant ses yeux avec les siens, et en tendant au maximum sa chaîne entre ses mains.

L'avantage de cette nouvelle situation, c'était qu'Alice avait abandonné l'idée de la fuite pour l'instant. Elle désirait visiblement combattre, et c'était tant mieux. Les courses-poursuites, c'était amusant une poignée de minutes, et puis on s'en lassait vite. Les combats étaient tout autre chose. C'était plus fatigant certes, mais beaucoup, beaucoup plus distrayant.
Surtout l'issue. C'était l'issue du combat qui intéressait le plus Cédrick. Il ne savait toujours pas comment éliminer Alice de la façon la plus humiliante et cruelle possible, mais il avait plein d'idées. Le plus dur restait à faire un choix.

En attendant, elle n'était plus qu'à quelques mètres. Plus que quelques pas, et ils commenceront "leurs salutations", comme on le fait si bien quand on est ennemis jurés.
Plus ils furent proches l'un de l'autre, et plus les pas de Kessai se firent petits et lents. Il gardait un oeil sur la faux de son ennemie sans la quitter elle-même des yeux trop longtemps, afin de jauger jusqu'à quel point il pouvait se rapprocher d'elle sans pour autant rentrer dans le champ de la portée de son arme létale.
A la fin, quand un peu plus de deux mètres les séparèrent, Cédrick s'arrêta. Son coeur battait la chamade.
Il se mit sur la pointe des pieds, s'avança d'un demi-centimètre en traînant les pieds avec une lenteur excessive, puis un deuxième demi-centimètre, et enfin, quand il fut à l'extrême limite du champ de la portée supposée de l'arme, il se jeta sur celle-ci sans crier gare, la main droite en dessous d'elle, et l'autre en-dessous.
La faux siffla vers lui, mais Cédrick, averti, fit en sorte que la chaîne verticalement tendue ainsi bloque l'arme noire exactement sous sa dangereuse lame, suite à quoi il tendit vivement les mains en avant et les croisa derrière la grande faux, de sorte à ce que sa chaîne de maillons s'enroule autour du manche.
Par la suite, il fit un pas de côté pour se trouver derrière la pointe de la faux, afin d'éviter tout risque de blessure.

Cédrick avait de cette manière réussi à entraver le joujou d'Alice, mais ce n'était pas encore suffisant. Elle pouvait le libérer en tirant dessus.
Il enroula donc avec précipitation sa chaîne encore et encore autour du manche, à la manière d'une araignée qui emprisonne ses proies dans sa soie, et ce jusqu'à ce que ses deux poignets soient littéralement accolés à lui. Suite à quoi, enfin, il le saisit pour assurer encore plus sa prise, puis reporta à nouveau, finalement, son attention sur Alice.
Le baron se pencha un peu en avant pour abaisser la pointe de la faux vers le sol, qui n'était pas dirigé vers lui de toute façon, et se mit à avancer vers celle qui lui avait fait tant de mal, tout doucement.

Les maillons de sa chaîne entremêlés pouvaient glisser le long du manche de la faux, mais difficilement vu qu'ils étaient très serrés, ce qui fit que quand Cédrick s'avançait, Alice, si elle ne se résignait pas à lâcher l'arme, devrait reculer en conséquence, poussée par la barre de métal tendue entre eux.
Cela amusa Cédrick, cette situation particulière, mais ce qui était meilleur, c'est que petit à petit, la distance se réduisit, vu que la chaîne enroulée s'éloignait par à-coups de la lame de la faux pour se rapprocher peu à peu de l'autre extrémité, le bout du manche qu'empoignait la meurtrière.
Bientôt, il pourra placer son visage juste en face de celui d'Alice.

Et si elle ne fermait pas les yeux à temps...

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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Jeu 27 Nov - 22:18





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[Ne t’inquiète pas, c’est très clair! J’espère que ça ne te dérange pas si je glisse quelques mots en italien dans ma réponse?]
Si mon adversaire avait pu croiser mon regard, il n’aurait pu y lire que deux choses; de la haine. Une vague de haine incommensurable. Si un regard pouvait tuer… Si un regard pouvait tuer, il ne serait même pas mort puisque je ne pouvais pas regarder ce bâtard dans les yeux! Et l’impression tout-à-fait détestable que j’avais de me retrouver face à un lion (ou tout autre prédateur) prêt à me dévorer dans la seconde. Et s’il y a une chose que je déteste c’est bien d’avoir l’impression de me retrouver dans le rôle de la proie. Et j’abhorre tout ce qui peut se rapporter à de la faiblesse! Je serais une fois de plus mes étranges crocs, jusqu’à ce que le goût du sang se fasse de nouveau présent.
Je manquais relever la tête et planter mon œil dans les siens dans le but de le défier du regard, mais me repris à la dernière seconde, refoulant mon orgueil blessé.
Et cet homme que je détestais tant qui continuait d’avancer vers moi. Je retins mon envie de reculer à chaque pas qu’il faisait vers moi. Peut-être qu’un combat n’était pas une si bonne idée après tout. Non, un combat n’était certainement pas une bonne idée. Cependant, fuir de nouveau, maintenant, alors que j’avais sortis ma meilleure arme, serait d’une extrême lâcheté. Et je préférais mourir dans la seconde! Ce qui, justement, risquait bien d’arriver, si je ne faisais rien.
Sauf que voilà, je ne me serais pas attendue à ce qu’il passe à l’offensive, comme ça. Et avec un seul œil que je ne devais pas trop utiliser pour ne pas rencontrer son regard, la première chose que dont je me rendis compte, c’était que ma faux s’était retrouvé coincée par sa chaine… Et me forçais à reculer. J’essayais de la faire bouger de force, mais Volonté ou pas, je ne pouvais pas surpasser un homme plus âgé que moi, de surcroit, s’il était également immortel. Voyant qu’il risquait de croiser mon œil, je lui balançais un coup de pied sur le tibia de toutes mes forces.







«
Tu sais, je ne doute pas que tu souhaites ma mort, mais, pas que je crois que tu réussiras à me tuer, mais je veux juste m’assurer que tu te rappelles que je suis une Volonté de rang 1, tu sais, le rang naturel le plus puissant, et nécessaire à l’équilibre de la nature, et si jamais je meurs, la Nuit, les Ténèbres et tout ce dont je m’occupe mourra avec moi, et mine de rien, même si pratiquement tout le monde les déteste, sans eux ce sera le bordel, l’anarchia, le chaos, quoi… Après à toi de voir si la mia morte vaux ce prix… »

Je répugnais à lâcher ma faux, aussi décidais-je de tenter une dernière chose, avant de m’y résoudre. De petit filaments de ténèbres apparurent autour de mes mains et s’enroulèrent rapidement autour du manche de mon arme, se dirigeant vers la chaîne, tandis que je reculais vivement de plusieurs pas, puis balançais un autre coup de pied. Si, par chance, la chaîne n’était pas d’excellente qualité, les maillons lâcherais rapidement, rongés par les ténèbres. Dans le cas contraire, je serais contrainte d’abandonner mon arme, malheureusement.





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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Dim 30 Nov - 15:58

[Tout est bon, si ça me permet d'apprendre de nouvelles langues !
Enfin, tant qu'Alice ne parle pas entièrement en Italien non plus.
Quoique... Ça pourrait être drôle.]


Cédrick Kessai était tout près d'Alice à présent. Les maillons de fer enroulés autour de sa faux à elle glissaient de plus en plus aisément, facilitant l'avancée de leur propriétaire vers son objectif.
De son côté, Alice faisait tout pour éviter le regard du rang Zéro, baissant la tête le plus possible pour cela. Dommage, elle ne pourrait  plus le faire quand les yeux bleutés et sans pupilles du baron se seront placés juste en face des siens, bientôt.
L'excitation de Cédrick avait monté d'un cran, suivi d'un stress assez particulier. En effet, la question que s'était souvent posé le jeune homme sans jamais y répondre vraiment, celle qu'il avait toujours éludé malgré sa récurrence, s'imposa brutalement encore une fois, de façon plus prononcée à cause de la situation, et l'inquiéta, comme à chaque fois:  "Que pourrais-je faire après sa mort ?"

Un violent coup de pied d'Alice pile dans le tibia le ramena aussitôt à la réalité, le stoppant net dans sa progression. Aussitôt Cédrick se tordit de douleur et siffla longuement comme une vipère, surpris et furieux.

« Tu sais, je ne doute pas que tu souhaites ma mort, mais, pas que je crois que tu réussiras à me tuer, mais je veux juste m’assurer que tu te rappelles que je suis une Volonté de rang 1, tu sais, le rang naturel le plus puissant, et nécessaire à l’équilibre de la nature, et si jamais je meurs, la Nuit, les Ténèbres et tout ce dont je m’occupe mourra avec moi, et mine de rien, même si pratiquement tout le monde les déteste, sans eux ce sera le bordel, l’anarchia, le chaos, quoi… Après à toi de voir si la mia morte vaux ce prix… »

Cédrick Kessai se redressa en fixant longuement la capuche de l'ennemie, comme si son regard pouvait traverser le tissu pour aller se planter directement dans le sien. De la même façon qu'on planterait une épée dans le ventre du monstre qui nous a tant tourmenté.
Le pire, c'est qu'elle avait raison. Ce furent les Volontés qui avaient ramené au monde des vivants ce que les Dieux avaient détruits: l'air pur, le ciel bleu, les arbres, la vie animale, les rivières.... ainsi que le jour et la nuit.
Aussi, les tuer bouleversait le monde, le chasseur de Volontés s'en était depuis longtemps rendu compte. Les effets n'étaient pas toujours immédiats, mais les massacres qu'il avait fait commettre avaient bel et bien eu des conséquences: Accroissement des séismes, descente en chute libre de la présence de la biosphère sur toute la planète... Et misère sociale de plus en plus généralisée.
Toutefois, si Cédrick avait pu remarquer qu'il replongeait le monde dans le chaos à cause de sa vengeance... il s'en moquait éperdument.

Il avait tout perdu de sa vie d'antan lors de son passage à trépas. Tout jusqu'à ses biens les plus précieux, tout jusqu'à sa femme et tous les enfants qu'ils auraient pu avoir, tout jusqu'à la chance de vivre heureux  et longtemps. De plus cette nouvelle vie ne lui avait rien apporté qui puisse compenser avec ces pertes. Au contraire, il était de plus en plus malheureux chaque jour, de plus en plus irritable et désespéré, à cause de sa solitude et de son sentiment d'avoir été incompris par le reste du monde. En clair, il ne voyait rien de bon dans cette immortalité.
En effet, cette seconde chance ne valait rien, alors... autant tout annuler et accepter le fait que la planète soit morte. Autant laisser les humains se débrouiller seul avec ce qui fut leur monde, puisque de toute façons ils haïssaient les Volontés, qui étaient leurs sauveurs ! Autant que... autant que...


"-Autant que tout le monde crève."
grogna-t Cédrick avec froideur.

Pour toute réponse, Alice recula. Le rang Zéro vit venir le second coup de pied qui s'annonçait, et recula donc à son tour pour l'esquiver. Ce qu'il ne saisit que trop tard, c'était que cette attaque sournoise ne le visait pas lui, mais la chaîne qui entravait la faux de son ennemie.
Ce furent les mains de la Volonté des Immortels qui encaissèrent la majorité du choc, mais il y eu tout de même un sinistre et grand bruit de casse métallique.
Immédiatement, toute l'attention de Cédrick fut reporté sur l'état de son arme fétiche, même pas sur celui de ses mains endolories. Il écarta donc du mieux qu'il put ses mains, et vit entre elles sa chaîne, rongée par une petite fumée ténébreuse.
Il voulut donc instinctivement desserrer davantage ses mains pour mieux la voir, mais c'est à ce moment-là que le morceau de sa chaîne qu'il tenait avec sa main droite se brisa vers le 8ème maillon. Il regarda tristement ce bout d'arme pendre au bout de ses doigts un court instant, avant de se résoudre à la jeter ailleurs, pour qu'elle finisse de tomber en pièces. Le reste de sa chaîne ne devrait pas tarder à être détruite de toute façon, vu son état de fragilité avancée.
Mais ce bijou était encore rutilant si peu de temps auparavant...  Cette garce se rendait compte de ce qu'elle venait de faire ?!
Une flamme nouvelle venait de naître dans le regard brillant de Cédrick, tandis qu'un faible sourire rehaussait ses lèvres.

"-J'ai toujours voulu un monde où il ferait toujours jour... et où tu n'existerais plus !" cria-t-il en direction d'Alice en se jetant brusquement sur elle, lâchant sa chaîne détériorée par les ténèbres.

Il empoigna les mains de la Volonté de la Nuit, avant de brutalement tirer la faux qu'elle tenait vers lui, afin de lui faire perdre l'équilibre. Suite à quoi, il leva le genou gauche dans le but de lui administrer un vigoureux coup à l'estomac, avec beaucoup de violence.
Pour conclure, il lâcha l'arme d'Alice de la main gauche pour passer son bras sous le sien, le faire remonter vivement jusqu'au cou de la jeune femme, et enfin tirer sur sa capuche d'un geste sec.

Il fallait que son visage soit à découvert. Sinon le monde sans obscurité n'existerait jamais.
Meurs. Meurs. Meurs. Meurs !
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Dim 30 Nov - 17:44





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[Nyé, si jamais je fais ça, je te mettrais la traduction entre parenthèse ~ Je sais pas si ton personnage sait parler italien, mais en tout cas, toi tu comprendras ]

"-Autant que tout le monde crève."
Surprise, je restai sans réaction, l’espace d’un instant, puis, trop déconcertée pour penser à me retenir, je laissais échapper quelques mots en ma langue natale. C’était si facile, de laisser ainsi les mots couler, naturellement, au lieu de devoir les traduire dans ma tête avant de les prononcer…




« Che cosa? Ma è mostruoso! Cosa fare se ... Cosa succede se Zero è stato trovato tra tutti gli esseri umani che morirà?! Tu condannano! Come gli dei stanno facendo! Come il vostro doppio che lo ha ucciso! Ti odio! Mostro! » (Quoi? Mais c'est monstrueux! Et si... Et si Zéro s'était trouvé parmi tous les humains qui vont finir par mourir?! Tu le condamnerais! Comme les Dieux l'on fait! Comme ton double qui l'a tué! Je te hais! Espèce de monstre! )

Zéro… Probablement la seule raison qui fasse que je tienne encore à rester en vie. Si jamais, quelque part dans ce monde, se trouvait quelqu’un comme Zéro, je ne voulais pas, je refusais qu’il ai a affronté une anarchie comme nous l’avons connue, à notre époque. Jamais je ne permettrais une telle chose! Et puis… Zéro aurait souhaité un monde en paix, où les gens pourrait vivre sans crainte. Maintenant qu’il n’était plus là pour réaliser son rêve, je le ferai à sa place. C’est ce que je m’étais promis, le jour de ma résurrection. Aussi, j’avais toujours cru que toutes les Volontés avait à cœur la survie de la planète, que c’était un instinct chez chacun de nous… Visiblement, j’avais eu tort.

"-J'ai toujours voulu un monde où il ferait toujours jour... et où tu n'existerais plus !"
Perdue dans mes pensées, je ne me rendis compte ni du bris de la chaîne, ni du fait que l’être que je haïssais le plus sur cette terre avait bougé. Et cet instant d’inattention me coûta cher. Mon ennemi me fit perdre l’équilibre et me décocha un coup dans le ventre. Je hoquetais, autant de surprise que de douleur, mais plantais violemment mes crocs dans ma lèvres pour ne pas laisser échapper de gémissement de douleur. Hors de question de lui offrir ce plaisir! N’empêche, administré à un mortel, ce coup aurait probablement été fatal. Occupée à tenter de retrouver mon souffle, qui s’était brutalement échappé de mes poumons, je ne fis rien pour l’empêcher d’abaisser ma capuche. Celle-ci retomba sur mon dos, libérant mes longs cheveux noirs aux pointes écarlates qui retombèrent autour de ma tête. Retrouvant tout d’un coup ma vision normale, un léger étourdissement se fit apparaître. Il ne dura qu’un instant, puisque je fermais les yeux presque aussitôt, espérant ne pas avoir croisé son regard entre temps. Je pris une grande inspiration et sentis un filet de sang couler de ma lèvre légèrement fendue. Je tentais de rassembler rapidement mes idées, quand un souvenir me revînt en tête… Aussi bien tenter une dernière chose avant de me lancer dans un combat dont je ne ressortirais probablement pas.

«
Un monde où il ferait toujours jour… Ouais, comme pratiquement tous les habitants de ce monde! Cependant, je suis désolée de te décevoir, mais un tel monde est impossible. Sans moi, ma contraire ne pourra plus se reposer pendant la nuit. Dans un mois ou deux au maximum, elle n’en pourra plus et elle disparaîtra. Une Volonté ne peut pas exister sans contraire, au cas où tu l’aurais oublié. Sans la lumière et l’obscurité, ce monde ne tardera pas à se détraquer et tout va disparaître. Cela dit, ça n’a pas l’air de te déranger. Alors pense juste à ceci, une seconde; tu avais une femme, dans l’ancien monde, non? Et j’ai cru comprendre que tu l’as beaucoup aimé. Si elle était encore là, est-ce qu’elle souhaiterait que son mari condamne ce monde et tous ceux qui y vivent, femmes et enfants compris? Et si jamais il existait quelqu’un comme elle, quelque part. Par quelques sombres affaires de réincarnation, après tout, nous sommes bien placés pour savoir que les âmes ne sont pas détruites, une fois mortes, ou de hasard, est-ce que tu souhaites vraiment qu’elle meurt à nouveau, parce que la planète sera morte, comme au temps des Dieux? »

Je me concentrais ensuite une seconde et invoquais de nouveau les ténèbres. Qu’avais-je à perdre, maintenant? S’il restait bien décidé à me tuer, autant me défendre avec tout ce que je pouvais, qu’il puisse ou pas s’en servir contre moi. Des petits filaments ténèbreux apparurent rapidement sur moi, couvrant chaque endroit où un coup pourrait être mortel. Je n’attaquais toutefois pas tout de suite, attendant pour voir si mon ultime tentative de parlementer donnerait quelque chose.


[ Je ne l’ai pas vraiment fait bouger, désolé, mais je n’ai pas compris; est-ce que tu tiens toujours son bras ou pas? ^^’’ ]





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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mar 2 Déc - 16:49

[HRP: Merchi beaucoup pour la traduction, c'est quand même plus pratique de comprendre ce que ta perso dit ! Tu té débrouilles pas mal en Italien d'ailleurs, c'est aussi ta langue natale, comme celle d'Alice la Volonté ?
Sinon, pour les actions, désolé si tu n'as pas compris. Cédrick tient la faux d'Alice de la main droite, enserrant ses doigts par la même occasion, et il a tiré sa capuche à elle en arrière avec la main gauche, en faisant passer son bras gauche sous le bras correspondant d'Alice.
En gros, il empoigne les deux mains d'Alice qui tiennent sa faux, et il tient toujours sa capuche au moment où Alice se défend. Voili voilà. C'est très le romantisme tout ça.]



Cédrick semblait avoir mis Alice hors d'elle avec son indifférence quant au sort de ses semblables, quand il l'entravait encore avec sa chaîne métallique. En effet, elle s'était mise, une fois le choc passé, à hurler une longue tirade dans son langage favori, l'italien,  et le rang Zéro n'avait pas pu saisir tout ce qui avait été dit dans cette avalanche de syllabes exotiques et anciennes, excepté "Ché cosa ? Ma é mostruoso !", "Tu condannano !", et "Ti odio ! mostro !"
En bref, il n'avait compris que les petites phrases de ce discours enflammé, mais ce fut assez pour deviner qu'elle ne tolérait pas son point de vue et sa façon d'agir envers le monde, qu'elle le haïssait, et qu'elle pensait qu'il était un monstre.
Au moins il y avait une évolution depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus ; avant, Cédrick n'était qu'un lâche aux yeux de l'italienne au sang chaud, et maintenant il était devenu un enfoiré, de surcroît. Fantastique.

Mais les insultes et les démonstrations de colère, Cédrick en avait pris l'habitude. Il n'avait donc pas relevé ce qu'elle lui avait hurlé, et s'était juste préoccupé de la destruction de sa chaîne.
Ce qui les avait amené à l'instant présent, où la Volonté des Immortels venait de dévoiler le visage de celle de la nuit, dans une autre tentative pour la soumettre à sa volonté via le regard.


Mais si Alice fut prise par surprise, elle eut le réflexe de fermer les paupières, malheureusement. Du coup, l'hypnose avait été une fois de plus empêchée à cause de ces fines parois de peau. Encore.
Cédrick se retint de pester quand il dut se résoudre à l'idée qu'il n'avait pas été assez rapide à établir le lien, et lâcha la capuche du vêtement d'Alice, qu'il empoignait jusque là avec sa main gauche. 
Il rapprocha juste son visage de celui-ci de son ennemie d'antan, dans l'espoir qu'elle ait le réflexe stupide d'entrouvrir un oeil, juste un tout petit peu.  Il guettait cette occasion comme un vautour attendait que son futur dîner cesse de vivre pour s'en délecter. C'est-à-dire avec impatience et avidité.
Mais Alice ne commit pas cette erreur. Elle ne fit que parler les yeux fermés, avec cette assurance et cette insolence qui étaient si caractéristiques.

« Un monde où il ferait toujours jour… Ouais, comme pratiquement tous les habitants de ce monde! Cependant, je suis désolée de te décevoir, mais un tel monde est impossible. Sans moi, ma contraire ne pourra plus se reposer pendant la nuit. Dans un mois ou deux au maximum, elle n’en pourra plus et elle disparaîtra. Une Volonté ne peut pas exister sans contraire, au cas où tu l’aurais oublié. Sans la lumière et l’obscurité, ce monde ne tardera pas à se détraquer et tout va disparaître. Cela dit, ça n’a pas l’air de te déranger. Alors pense juste à ceci, une seconde; tu avais une femme, dans l’ancien monde, non? Et j’ai cru comprendre que tu l’as beaucoup aimé. Si elle était encore là, est-ce qu’elle souhaiterait que son mari condamne ce monde et tous ceux qui y vivent, femmes et enfants compris? Et si jamais il existait quelqu’un comme elle, quelque part. Par quelques sombres affaires de réincarnation, après tout, nous sommes bien placés pour savoir que les âmes ne sont pas détruites, une fois mortes, ou de hasard, est-ce que tu souhaites vraiment qu’elle meurt à nouveau, parce que la planète sera morte, comme au temps des Dieux? »

Les traits de Cédrick se crispèrent alors comme jamais, transformant son expression habituellement ensommeillée en un visage tendu par la rage et la colère.
A peine Alice eu fini son discours éloquent que la main gauche du veuf s'était brutalement retrouvée sur la gorge de cette peste, enfonçant ses doigts recourbés comme des griffes dans sa peau.
Ou plutôt, elles s'enfonçaient dans les ténèbres qu'avait invoquée Alice pour protéger cet endroit, qui tentèrent immédiatement de repousser l'intrusion.
Cette saleté brûlait les doigts très vivement, mais dans l'état où Cédrick se trouvait actuellement, il s'en fichait éperdument, et continuait.
Tout ce qu'il souhaitait, c'était étrangler cette garce jusqu'à son dernier souffle, ou bien creuser les ténèbres de ses ongles, puis la peau de sa gorge, jusqu'à ce qu'une fontaine de sang en jaillisse.


"-Personne... ne possède le droit de parler de ma femme ! Pas même toi Alice ! Pas même mon ancien contraire ! Personne ! Absolument personne ne peut évoquer ce sujet et espérer rester en vie ! Ja-mais !"

Il hoqueta nerveusement.
Lui-même s'était interdit à prononcer le nom de son épouse lors de son premier passage dans l'autre monde. Il s'était fait la promesse idiote de ne le faire qu'au moment précis où il la reverrait, et ce fut d'ailleurs cet espoir qui fit qu'il n'avait jamais sombré dans la folie lors de son séjour "aux Enfers", sans savoir où la trouver. L'espoir de prononcer un jour cet échantillon de sonorités si important pour lui, des larmes de joie aux yeux.

"-Elle est morte, et définitivement morte. Je le sais, Alice, n'essaye pas de me tromper cette fois-ci ! Si Elle était encore de ce monde, Elle serait là, à mes côtés ! Juste là ! Là !" haussa-t-il progressivement le ton en agitant frénétiquement la tête vers sa droite, dans la direction où Elle se serait trouvée si elle s'était réincarnée, avant de hurler, comme la Volonté de la Nuit l'avait fait précédemment dans sa langue natale :

"-Mais non ! Elle m'a été volée à jamais ! Elle est morte, et le restera ! Tu crois vraiment que je ne l'ai pas cherché sans relâche encore et encore et encore ? Tu crois qu'après tout ce temps passé, je ne l'aurais pas encore retrouvé, ou bien Elle, ne l'aurait fait, si Elle faisait vraiment partie de cette terre ? Non, c'est im-po-ssible qu'elle soit parmi nous ! Impossible ! C'est pour ça que je me moque de ton monde ! Que cette planète disparaisse si elle ne porte plus mon épouse ! Que cet Univers s'écroule, s'il a jugé que ce serait amusant de faire revenir à la vie toutes ces immondes Volontés, et pas Elle ! Que toi, ton contraire, les autres Volontés, et les humains qui me déte... non, qui nous détestent tant.... Eh bien, qu'ils crèvent, tous sans distinction !"

Cédrick avait presque craché au visage d'Alice lors de cette dernière phrase, mais il finit cependant par se calmer après un petit temps de flottement, lorsqu'il sentit soudainement deux trainées d'eau couler sur ses joues.
Il pleurait. Cela marquait généralement la fin de ces crises de nerfs, quand elles étaient plus violentes que d'habitude. Elle s'était terminée aussi brutalement qu'elle avait commencée, celle-ci.
Il sourit même quand il pensa que finalement, ce n'était pas si mal qu'Alice gardait les yeux fermés. Hors de question qu'elle le voie dans cet état, ce serait le comble de l'insupportable !

Cédrick Kessai se racla donc la gorge, et murmura d'un ton beaucoup plus posé mais mélancolique que précédemment, sans pour autant relâcher la pression de sa tentative d'étranglement avec sa main gauche brûlante.

"-Bien sûr, il se peut qu'Elle ne m'aime plus et que c'est pour cela qu'Elle n'a jamais cherché à me retrouver. Peut-être même que je l'ai croisé quelques fois dans mes recherches, et qu'Elle s'était alors dissimulée pour me fuir, qui sait ? Tu imagines, peut-être que je lui ai dit "Bonjour", négligemment, comme on salue une étrangère, parce que je ne l'aurais pas reconnue sous son épais habit dont Elle se serait servie pour passer inaperçue, comme toi tout à l'heure. Tu imagines ?"

Il eut un ricanement qui sonnait faux, et soupira longuement. Ses larmes continuaient de rouler sur son visage.

"- Peut-être qu'Elle est vivante donc, en conclusion. Mais dans ce cas elle ne vaut pas mieux que vous tous pour avoir commis cette trahison. Si c'est le cas, Elle mourra comme toi et les autres.
Maintenant ouvre les yeux, ou bien dissipe la nuit qui protège ta gorge, qu'on en finisse. Je commence à avoir mal à la main."


Parler aussi mal de celle qui avait partagé sa vie fit à Cédrick l'impression qu'il venait de se poignarder lui-même en plein coeur.
Mais il savait qu'il ne pensait pas ce qu'il venait de dire, et cela le rassura, car bien sûr il n'y avait aucune chance que sa compagne l'ait réellement délaissé dans ce monde. Elle n'aurait jamais pu être aussi cruelle...
Mais d'un autre côté... Si elle était vivante... Est-ce que Cédrick serait vraiment prêt à la condamner ? Serait-il prêt à voler sa vie alors qu'elle était peut-être heureuse, parce que lui ne l'était pas ?
Kessai fut pris de doutes, soudainement.
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mer 17 Déc - 15:55





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[Si seulement! J’adorerais, mais non, je suis canadienne, par contre, si tout se passe comme je veux, je devrais partir quelques mois en Italie pour échange étudiant *o*
Nyé x)
Excuse-moi pour le temps de réponse! ]

Dès la seconde où ce pauvre connard commença à tenter de m’étrangler, je me composais un visage neutre et dénué d’émotion. Hors de question que qui que ce soit puisse un jour deviner ce que je cache derrière mes aires de Volontés sans peur ni faiblesses. J’eus toutefois beaucoup de mal à refluer la panique qui s’immisça, insidieuse, comme une vague de glace. Trop de mauvais souvenirs menaçant de refluer, trop de sentiments que j’aurais voulu oublier et ne plus jamais ressentir, trop, trop, trop de rappel de mon passé… Me libérer de cette situation. À n’importe quel prix. Ne pas laisser qui que ce soit me faire sentir comme ça…Ne plus jamais ressentir ça !  Je me forçais à rester concentrée sur le discours de mon adversaire jusqu’à la fin, bien que j’en perdis quelques bouts, puis j’entrepris de compter ce que je pouvais, sois, dans l’immédiat, ma respiration. Compter… Toujours compter pour ne plus penser, comme je l’avais toujours fait… Compter pour oublier le passé, compter pour ne plus rien ressentir, compter pour ne plus exister, pour n’être plus rien d’autre qu’un corps sans émotions, sans douleur, sans œil rouge… Jamais je n’avais eu assez de chiffre, dans mon ancienne vie… Il fallait que j’en ai assez dans mon existence de Volonté. Je n’étais plus la jeune fille sans défense et sans pouvoirs que j’étais à cette époque. Je pouvais décider et me défendre. Alors pourquoi tous ces souvenirs qui revenaient sans cesse? Pourquoi encore cette angoisse qui revient au galop? Pourquoi, mais pourquoi cet affreuse douleur qui ne me lâchait jamais parce que Zéro n’était plus là et qu’il ne reviendrait jamais?



Au fond, à quoi bon vivre, si je devais le faire sans la seule personne que j’ai jamais aimé? À quoi bon supporter la douleur de son absence, jour après jour, tout en sachant qu’elle ne s’apaisera jamais? Ah, oui… Pour lui… Parce qu’il aurait souhaité un monde en paix pour les humains, et qu’il n’est plus là pour mener ce combat…. Et que s’il y a un combat qu’il aurait voulu mener, alors je me battrais pour qu’il soit gagné, même si je dois vivre avec son absence jusqu’à la fin des temps.
Compter mes inspirations… Ne pas penser au passé… Zéro…




«
Zé…ro… »





Sans me rendre compte que j’avais parlé à voix haute, j’entrepris de revenir à la situation présente. À ce moment, je commençais à ressentir les effets de la tentative d’étranglement de mon ennemi. Je papillonnais presque des paupières, mais les refermait aussitôt, avant même de les avoirs complètement ouvert. Et pas à cause de la menace du pouvoir de Cédrick, qui, en ce moment, était le cadet de mes soucis. Non, seulement parce que jamais, jamais je ne laisserais qui que ce soit voir à quel point l’absence de Zéro me torture, jour après jour. Et, en ce moment, gommer cette douleur de mes yeux était trop me demander.
Il fallait que je me libère. Maintenant. Mais avant, juste une chose.





«
Ta capacité à te rendre encore plus détestable chaque fois que je te croise m’impressionneras toujours. Comment peux-tu prétendre avoir aimé quelqu’un, et ensuite dire toutes ces choses à son propos? Je ne trouve aucun mot dans ta langue, ni dans la mienne, qui puisse décrire à quel point ça n’a pas de sens. Pour ce qui est du reste, tu as raison, je n’aime pas cette situation, alors autant en finir avec cette stupide et pitoyable tentative d’étranglement. »




J’invoquais de nouveau les Ténèbres, mais cette fois, ce furent plutôt de petites épines extrêmement tranchantes qui apparurent. Je les laissais tomber sur mes bras, qu’elles entaillèrent. Des blessures superficielles, mais causées de façon à ce qu’elle fasse couler beaucoup de sang. Tant qu’à combattre, autant utiliser quelque chose que je n’ai jamais utilisé contre ce maudit rang zéro. Je comptais encore trois inspirations, puis me résolu à utiliser ce pouvoir. Au lieu de gouter sur le sol, comme il aurait dû le faire, mon sang se regroupa en de fins filets, semblables à des fouets, gravitant autour de moi à mesure qu’ils grandissaient.
Je sentis aussitôt une vague de violence et de folie me submerger, mais tentais de peine et de misère, de ne pas laisser ma conscience s’envoler. J’avais encore besoin de réfléchir.




Sentant les ténèbres qui protégeaient ma gorge se fragiliser, je me rappelais qu’utiliser ces deux pouvoirs en même temps m’était quasi impossible. Juste avant qu’elles ne disparaissent, je les changeais en épines. Elles resteraient encore une trentaine de seconde. Vingt secondes avant la fin de cette échéance, j’attaquais. Les fouets de sang s’animèrent, semblant presque être doté de vie propre et se mirent à frapper mon adversaire à une vitesse hallucinante.





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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mar 23 Déc - 8:25

[HRP: Je présente mes excuses aussi pour mon retard.
Tu m'as dit que c'était pour quand le départ, déjà ? C'est pas que je suis pressé de me débarrasser de toi mais... 8p]


Le visage d'Alice n'exprimait rien, impassible comme s'il s'agissait une sculpture. Même la force que Cédric exerçait pour lui rompre le cou ne lui faisait rien. Même son déchaînement de colère ne l'avait pas fait ciller.
Pour Cédrick Kessai, l'impression de ne pas l'atteindre le frustrait au possible, mais cela ne le fit pas abandonner. Au contraire, il resserra encore l'emprise de sa main gauche sur la gorge de la Volonté de la Nuit.


« Zé…ro… »

Que venait-elle de dire ?
A cause de ce simple mot, Cédrick fut tout à coup troublé, non seulement parce qu'il ne l'avait pas compris, mais aussi à cause du ton sur lequel ces syllabes ont été prononcés, plein d'émotion et d'une lointaine mélancolie.
Est-ce que c'était une insulte ? Le traitait-elle de zéro en guise d'ultime provocation ? Si c'était le cas, ce n'était pas géniale comme réplique.
A moins qu'elle ne l'appelait, lui, avec son rang. Si elle parlait bien à lui.
Ou sinon, elle tentait d'appeler quelqu'un à l'aide.
Il y avait trop de possibilités, et aucun moyen de deviner ce qu'Alice avait voulu dire.

Mais le plus important n'était pas là.
Alice avait failli ouvrir les yeux, juste à l'instant. Un très bref moment, ils s'étaient entrouverts à plusieurs reprises, ce qui fit que Cédrick oublia très vite ce mystère à propos du "Zéro" pour s'intéresser davantage à Alice.
Est-ce que cette peste lâchait finalement prise ? Est-ce qu'elle allait enfin, enfin abandonner ?!
Non, Pas vraiment.

« Ta capacité à te rendre encore plus détestable chaque fois que je te croise m’impressionneras toujours. Comment peux-tu prétendre avoir aimé quelqu’un, et ensuite dire toutes ces choses à son propos? Je ne trouve aucun mot dans ta langue, ni dans la mienne, qui puisse décrire à quel point ça n’a pas de sens. Pour ce qui est du reste, tu as raison, je n’aime pas cette situation, alors autant en finir avec cette stupide et pitoyable tentative d’étranglement. »


Pas le temps de répliquer qu'un nouveau nuage de ténèbres avait été invoqué, bientôt changé en plusieurs nuées d'épines noires.

Un instant de flottement se déroula ensuite, durant lequel Cédrick regarda toutes ces petites pointes avec inquiétude, avant de baisser la tête et de la rentrer dans ses épaules pour protéger ses précieux yeux et son cou de ce qui se préparait.
Étrange moment de calme avant la tempête de mort et de sang.

Oui, le sang jaillit, mais ce ne fut pas celui de Cédrick Kessai.
Les fines épines s'étaient plantées dans les bras d'Alice, au grand étonnement du baron. Quelques gouttes d'hémoglobine jaillirent aussitôt, et la Volonté des Immortels en reçut même deux ou trois sur son visage relevé. Puis une grande quantité de sang se mit à couler, celui d'Alice.

"-Qu'est-ce que... ?" articula Cédrick sans terminer sa phrase.

Il ne fut pas au bout de ces surprises. Le sang, au lieu de tâcher le sol, s'éleva au contraire vers le ciel pour s'accumuler autour de lui, et pour former plusieurs longs fils sanguins.
Le visage d'Alice était crispé, comme si l'utilisation de ce pouvoir lui coûtait beaucoup d'efforts.
Et c'est à la vue de cette expression que Cédrick comprit ce qui allait se passer.

Les ténèbres autour du cou d'Alice se changèrent en épines elles aussi, perçant l'épiderme du Chasseur de Volontés.
Le sang de ce dernier coula lui aussi, tâchant l'épaule gauche de la Volonté de la Nuit, et la douleur fut vive. Trop vive.
A vrai dire, Cédrick ne sentit plus ses doigts, juste une sensation intense qui remontait dans tout son poignet.
A ce stade, il ne pouvait même plus savoir si ses doigts dégoulinants de sang étaient toujours en train d'exercer une force sur la gorge d'Alice ou non. Comment savoir quand vous ne sentez même plus vos doigts ?
Alors il les retira avec une grimace. Ces fichus épines lui arrachèrent encore un bout de peau à cause de ce geste, amplifiant la quantité de sang qui s'en échappait tel l'eau jaillissait des fontaines.

Il lâcha aussi la faux d'Alice et recula, empoignant sa main meurtrie avec la droite. Son sang imprégna rapidement le tissu blanc de son gant droit.
Les fouets de sang autour de lui se tendirent. Cédrick était juste au milieu de leur champ de portée respectif. Il était juste au centre du cercle que ses fouets formaient.

"-Et moi qui croyais te connaître par coeur." souffla-t-il à l'attention d'Alice, juste avant que le sang ne se mette à frapper.

Il y eut un seul cri rauque et bref, le bruit de vêtements qu'on déchire, puis juste celui du sang qui s'agite, et des claquements des fouets déchaînés qui frappèrent sans relâche, à une vitesse hallucinante.

Quand ils eurent fini leur carnage, Cédrick n'était plus là. Il y avait juste quelques morceaux de sa veste, de son pantalon et de sa chemise sur le sol souillé de son sang, et profondément marqué par les traces de fouets.
Son chapeau de feutre déchiré gisait au centre.

Un grand silence s'installa, comme celui qui règne lors des nuits ordinaires, quand tout le monde dort chez soi ou ailleurs.

Puis un portail gris s'ouvrit juste derrière le dos d'Alice, faisant réapparaître la silhouette de la Volonté des Immortels.
Il venait d'utiliser un courant pour s'enfuir de la zone du massacre.

Celui-ci étant cependant méconnaissable. Son visage marqué par de grandes balafres rouges était déformé par un immense sourire haineux, et ses habits étaient tout troués et déchirés, laissant apparaître par endroits sa peau rougie et sanguinolente. Il était couvert de sang. De son sang.
Ses cheveux en bataille et découverts retombaient sur ses yeux bleus foncés, brillants comme jamais et avides de vengeance.
Et de meurtre.


"-Aliiice !" rugit-il en faisant passer son bras droit au gant rouge sous le buste de son ennemie.

Il la serra contre elle et... se jeta en arrière.
Derrière eux, c'était le vide. Le sol était beaucoup plus bas, à une dizaine de mètre approximativement. Cédrick avait bien l'intention de rompre les os d'Alice, même s'il devait subir le même sol.

Ils tombèrent donc, et Kessai fit de son mieux pour se retourner durant la chute afin qu'Alice soit en-dessous de lui.
Il fallait que le corps d'Alice amortisse la chute. Il fallait que ce soit elle qui prenne la majorité du choc.
Le bruit du bris des os de son ennemie sera une délicieuse symphonie aux oreilles de Cédrick Kessai.[/color]
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mar 23 Déc - 22:23





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[ Nessun problema signore barone o/ Ah bon, pas pressé de te débarrasser de moi? Ce qui explique l’étranglement, les meurt, meurt, meurt et la chute d’un toit? xd Plus sérieusement, je ne sais pas exactement, faut d’abord que je ramasse l’argent. Au passage, joyeux Noël. ]

Connaissez-vous la folie?  Pas celle qui vous pousse à faire des actes inconsidérés ou à dire des stupidités, non, la vraie folie, sombre, obscure et cruelle, celle qui vous pousse à planter une lame dans votre propre bras, juste pour voir quel effet ça fait. Celle qui vous coupe du monde et vous fait oublier la réalité et qui vous ronge de l’intérieur, tout doucement au début, insidieusement, puis, qui vous dévore tout entier, lorsque vous vous retrouvez trop loin. La folie qui pousse quelqu’un à craindre le noir, de peur de ce qui pourrait s’y cacher, alors même que cette personne se trouve à être l’incarnation des Ténèbres, celle qui force un homme à assassiner sa propre famille sans raison, celle qui contraint une personne à pousser quelqu’un d’un pont au lieu de lui tendre la main pour l’aider. C’est de cette folie-là que je parle. Alors, vous connaissez? Non, probablement pas. Après tout, vous êtes saint d’esprit, pas vrai? Eh bien pour moi, l’insanité a toujours fait partie de ma vie, cachée deux pas derrière moi, à l’affût du moindre instant de faiblesse, attendant juste que je flanche pour me faire sombrer encore un peu plus. Les gens ont toujours dit de moi que j’étais un monstre, une démone. Ils n’ont toutefois jamais ne serait-ce qu’imaginer à quel point ils ont raison. Vous connaissez l’Alice cruelle et psychopathe que je peux être? Je peux vous jurer qu’elle n’arrive même pas à la cheville de celle que, même-moi, je ne peux considérer que comme une bête assoiffée de sang. C’est comme le démon caché derrière l’ange, sauf que là, c’est l’archidémon caché derrière le démon.



La réalité se distordait de plus en plus. Il y avait quelque chose tapi dans les Ténèbres, j’en aurait mis ma main au feu. Quelque chose de maléfique, qui voulait juste faire du mal. Qui menaçait cette réalité tordue. Mais n’était-ce pas moi, cette chose cachée dans les Ténèbres? Peut-être que oui, peut-être que non… Qui était « moi » de toute façon? Est-ce que ça avait la moindre importance? Pourquoi lutter contre cette douce torpeur, si reposante, alors que j’avais autant sommeil? Quelle importance, après tout? Si cette réalité insensée me déplaisait… Pourquoi ne pas juste la déchirer à coup de griffes, jusqu’à ce que le sang transforme toutes les couleurs en une si délicieuse teinte écarlate?



Non, non, non… Se concentrer… Ne pas sombrer tout de suite. Tenir bon, encore et toujours, rester forte et me contrôler… Et puis je remarquais le sang au sol et celui qui tâchait mon épaule et celui qui coulait de mes bras et ensuite, je me retrouvais de nouveau à la limite de la folie, avec l’impression de chuter hors de la réalité… Minute. Je forçais mes yeux à se concentrer sur un point devant moi, sans succès. Oh, alors ce n’était pas qu’une impression, je tombais réellement. Comment était-ce arriver? J’eus beau exhorter ma mémoire à me fournir une explication, mon cerveau n’avait rien retenu de ce qui c’était passé avant ma brève reprise de consciente. Comment me tirer de là? Et où se trouvait mon ennemi, d’ailleurs? Je fis un effort monumental afin de réussir à revenir un peu plus dans la réalité. Oh, alors c’était ça? Se servir de moi pour amortir le choc, tout en me blessant gravement du même coup? Malin? Fou? Désespéré? C’est une idée franchement bizarre, de demander son avis à quelqu’un qui est en train de sombrer dans la démence. À moins que je ne sois en train de me parler toute seule, ce qui serait normal, non? Peu importe. L’important, c’était de me sortir de cette situation. Mais comment? Le sol était déjà trop près pour que les Ténèbres soient assez rapides pour arrêter ma chute. Et, bien que j’aurais pu sauter de cette hauteur sans trop de mal, si j’avais été seule et que j’avais bondit d’une façon correcte, avec un poids en plus, c’était impensable. Changer de dimension? Peut-être bien? Ah non… Il y avait l’autre qui avait un rang de plus et qui pourrait prendre le contrôle du courant. À ce stade ne restait que le Sang pour m’aider. Mais en avais-je encore assez dans les veines pour me permettre d’en perdre encore sans être trop affaiblie? Pas si sûr… Et puis, au point où j’en étais, utiliser ce pouvoir de nouveau me rendrait définitivement folle.
Charmante situation, n’est-ce pas? J’avais le choix entre deux chutes. L’une qui me briserait les os, l’autre qui briserait ma santé mentale déjà tellement fragile. Dans quel était avais-je le plus de chance de me sortir de cet affrontement? Avec les os brisés, mais ma capacité de réflexion, ou en état de me battre physiquement, avec au pire quelques étourdissements, mais une soif de sang incontrôlable? Je retins un soupire et fermais les yeux une ultime fois, puis, je fermais le poing et mon étrange bague avec une lame recourbée s’enfonça dans ma chair, traçant une longue balafre du début de mon poignet, la veine est particulièrement visible,  jusqu’au milieu de ma main. Rapidement, la griffure se mit à saigner abondamment et j’utilisais déjà mon pouvoir pour en faire couler encore plus, créant de nouveau filet de sang.



Je m’étais toutefois légèrement sous-estimée, pensant que ma santé mentale tiendrait au moins le temps que je sois au sol, en sécurité. Toutefois non. Et ce que la folie me pousse à faire, c’est de causer de la douleur ou de faire couler du sang, quitte à ce que ce soit le mien. Aussi, je perdis le contrôle précisément au moment où, ayant envoyé les tentacules sanglantes s’agripper au rebord des toits alentours, je déviais la chute. Mon but était qu’elle me, ou plutôt nous déposent au sol, vu que l’autre parasite ne semblait pas décider à me lâcher. À la place, elles changèrent juste notre trajectoire en nous balançant dans le mur le plus proche, nous séparant du même coup. J’eus juste le temps de me dire que, décidément, la Volonté des Immortels avait des penchants suicidaires, et de m’exhorter de garder les yeux fermés quoi qu’il arrive avant de perdre tout contact avec la réalité.



Peut-être pensez-vous que c’est comme de s’endormir, de devenir fou, mais en fait, ça n’a rien à voir. C’est plutôt comme de tomber dans un trou noir, avec l’horrible impression qu’on ne réussira jamais à en ressortir, puis, de se retrouver enfermé dans un coin de son esprit, sourd, aveugle et muet.






Il y eu un choc. Violent et exquisément douloureux. Ma bras gauche percuta une surface dure, puis ma tête, et ensuite, il y eu le sol, que je sentis à un peu moins d’un mètre en dessous. J’atterris comme un chat; sur mes pattes… À moins que ce ne soit mes bras et mes jambes? Peu importe le nom que l’on donne, ça ne changeait rien. Le choc provoqua une vague de douleur, qui partit de mon poignet gauche et se répercuta dans tout mon corps, puis, un liquide coula de ma tête, le long de mon visage, tachant mes yeux, heureusement fermés, puis ma joue et mes lèvres. J’y passais ma langue et un goût métallique envahit ma bouche. Je fus prise de tremblements incontrôlable. Encore, encore, encore.  Je me remis debout d’une façon étrange, en basculant sur mes pieds, puis, en gardant mon dos droit, penchant d’un côté, puis de l’autre, avant de basculer la tête vers l’arrière, puis de la remettre droite, du côté contraire à celui vers laquelle je l’avais penché. Mon cou craqua sinistrement, provoquant une nouvelle vague de douleur qui me fit sourire d’un air complètement possédé, exposant mes crocs. Mon poignet m’élançait toujours et je le levais devant mes yeux, fermés sans que je ne me rappelle pourquoi et me mit à le secouer comme une forcenée. La douleur que ça provoqua faillit me faire perdre conscience. Fracture ouverte, surement. J’imaginais mon poignet de travers, avec une partie de l’os déchirant la peau pour s’exposer à l’air libre et éclatais de rire.



J’en étais à décider de tirer sur mon os pour le faire sortir, lorsque je me rappelais d’un détail. Je n’étais pas seule, il me semble? Il y avait quelqu’un d’autre. Quelqu’un que je haïssais encore plus que les autres. Quelqu’un dont la souffrance était encore plus délicieux que la mienne. Son nom? Qu’est-ce que c’était? Comment est-ce que ça se prononçais?




«
Ccccé…drick? »



Laissais-je finalement tomber, traînant le c comme un serpent. Où est-ce qu’il avait atterrit, celui-là? Je tentais d’ouvrir les yeux, mais le sang avait séché, et il les garda fermé. Pourquoi est-ce que j’ignorais où il était? Encore un défaut de cette réalité ridicule. Elle ne se modelait pas selon mes désirs. Je ramenais paresseusement du sang autour de moi, dans un périmètre de  deux mètres. Peut-être aurait-il dû se trouver dans mes veines? Peut-être que ça aurait dissipé cet étourdissement? Qui sait? Je le laissais juste s’étendre, prêt à attraper quiconque poserait un pied dessus. Ensuite, j’écoutais les sons. Il fallait que je sache où étais celui que je voulais massacrer! Sinon, impossible d’attaquer!  Et exister ne sert à rien si ce n’est pas pour faire mal aux autres…




[ J’ai oublié, c’est bientôt Noël, ou Halloween? ]





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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Jeu 25 Déc - 20:45

[Je pensais que c'était Noël... et puis là maintenant tout de suite j'ai un doute d'origine inexpliqué...
Bon, Joyeuses Pâques dans ce cas !]

Lors de la chute des deux Volontés, Cédrick regarda le sol se rapprocher de lui, et se focalisa sur cet élément pour ne penser à rien d'autre qu'à ce qui allait arriver très prochainement : le choc de son corps et de celui d'Alice contre cette surface impitoyable. Le fracas des os de cette peste qui allait encaisser toute la violence de la collision. Le sang qui allait s'écouler de ses toutes nouvelles plaies par la suite. La paralysie qui s'en ensuivra. La douleur qui la fera s'en mordre la langue jusqu'à la couper. Puis le grand final, l'achèvement, la Mort, orchestré de la main de Cédrick lui-même !
Une excitation particulière s'empara rapidement de son être en réaction à cette vision. Son coeur battit accelerando, ses pupilles se dilatèrent, sa main droite se crispa sur le vêtement d'Alice qu'il empoignait, sa respiration se bloqua, et... son expression se figea en un air de jouissance cruelle.
D'une autre part, il y avait cette  colère sourde qui grondait en lui. cette rage ancienne spécialement dirigée vers la Volonté de la Nuit, aiguisée comme la lame d'une épée grâce au temps passé, et qui venait tout juste de s'amplifier suite aux blessures subies par les fouets sanguins de la personne en question. Cette part de l'esprit de Cédrick réclamait vengeance, et son excitation grandissante lui promettait cette chose, s'attisant ainsi elle-même.
Ces brefs secondes de chute libre constituèrent ainsi un instant d'extase inespéré pour lui, alors que la plupart des mortels auraient juste été tétanisés de peur dans une telle situation.

Mais tout cela était trop beau pour durer.

Le corps que Cédrick serrait contre lui venait de se tendre, comme si Alice venait de s'éveiller d'un rêve.
Une grande quantité de sang gicla alors sur la gauche de la Volonté des Immortels, plus abondante qu'avant. Il n'y prêta pas tout de suite attention, mais il fut bien obligé de remarquer ce détail quand ce sang se solidifia en plusieurs longs filaments sanguins, communs aux fouets de tout à l'heure.
Il ne put pas tourner suffisamment la tête pour suivre la trajectoire de ces fils qui s'élevaient, mais ce n'était pas nécessaire, car il avait très bien compris l'utilité de cette lâchée d'hémoglobine.
Avant le contact avec le sol, le baron sentit clairement quelque chose stopper sa chute de manière brutale, comme s'il était juste en train de pratiquer du saut à l'élastique et qu'il était arrivé au moment où ce lien qui le retenait n'avait plus de mou.
Mais il n'avait pas attaché d'élastique à ses chevilles avant de sauter.
Les fils. C'était ces fichus fils qui avaient empêché le choc crucial.
"Bien joué, Alice. Il faut le reconnaître, tu as vite et bien réagi. "


Ce fut la seule pensée ordonnée qui vint à l'esprit de Cédrick avant que les grappins de sang l'envoie voltiger dans une autre direction, lui et Alice , plutôt que de simplement les remonter comme il s'y attendait.
A partir de là il ne comprit plus rien. Sous la violence de la projection, son corps se mit à tourner sur lui-même, perturbant ses sens au point qu'il ne sut plus dire où était la bas et le haut, et s'il s'élevait ou tombait. Il lui sembla qu'il avait lâché Alice sans le vouloir, mais il n'en fut pas sûr.
Le monde bougea trop vite autour de lui, à tel point que ses yeux ne pouvaient pas prendre le temps de se fixer sur quelque chose et de le reconnaître. Les oreilles de la Volonté sifflèrent de façon assourdissante, mais elle n'eut pas la possibilité ni le temps de les boucher de ses mains pour aller mieux.
Il lui sembla juste qu'il était en train de plonger vers le noir total, pendant un moment. Ses yeux redevinrent jaunes lors de ce constat.
Puis ce fut le choc. Pas celui qu'il avait espéré. Pas du tout.


Cédrick Kessai sentit son dos percuter du métal froid qui fit un grand bruit, mais qui ne stoppa pas la progression de son corps jeté comme un mouchoir au milieu d'une tempête. Au contraire, il sentit que l'objet avec lequel il venait d'être mis en contact se renversa, puis que ce fut au tour d'une autre chose en fer de tomber, emportée par tout ce déluge.
Mais le malheureux fut tout de même ralenti par ces interruptions, donc la rencontre avec le mur vers lequel il avait été éjecté ne fut pas trop violente pour ses pauvres os. Il le percuta au moment où les deux objets précédemment bouleversés finirent de tomber, dans un bruit que Cédrick finit par reconnaître après quelques secondes d'hébétude.

"-Des... poubelles." souffla-t-il d'une voix rauque, les jambes à présent recouvertes d'ordures oubliées.

Il ne se releva pas tout de suite, endolori de partout et profondément désorienté. Tout à coup, il eut l'impression de cauchemarder, d'être dans un rêve délirant où rien n'avait de sens.
Il avait le nez à terre, était au pied d'un mur dans une ruelle très sombre, et traînait au milieu d'un tas de poubelles. Ses vêtements étaient déchirés et tâchés à présent. En y pensant, il ne ressemblait plus vraiment à un baron, mais plutôt à un...un....Cédrick était comme...

L'ivrogne. Le pauvre vieux fou minable et ivrogne en haillons qui l'avait insulté, quelques minutes ou bien quelques années auparavant, qui lui avait craché sa salive au visage. Il lui avait fait ça, à lui, au baron, à la Volonté, au rang Zéro ! A la Volonté des Immortels !
Et maintenant... La Volonté était devenu clochard. Le venin de ce type l'avait empoisonné, et il était donc devenu comme lui. Il avait été contaminé ! Cédrick ressemblait au vieillard maintenant. Cédrick était devenu lui. Il était lui. Lui. Luiiiii. Luiluilui !
"Vous parlez d'une déchéance ! Vous connaissez l'histoire du roi devenu mendiant ? Moi non plus ! Mais la voilà ! C'est la mienne ! Qu'en pensez-vous ! C'est moi qui l'ai créée !" pensa-t-il avec son esprit encore détraqué par sa chute.
Peut-être que maintenant le vieil ivrogne était devenu Cédrick Kessai, en même temps. Peut-être que l'autre avait volé son statut grâce à sa salive et qu'il était devenu Cédrick ! Mais oui !
La Volonté très troublée se mit à représenter le mendiant dans son esprit avec ses traits à lui, tout en lui faisant conserver sa barbe défraîchie et son odeur nauséabonde. Oui car pourquoi pas ? La métamorphose n'était pas complète après tout, puisque Cédrick n'avait pas de barbe !
Oh, et puis on allait ajouter qu'il cherche à tuer une certaine Alice Alhern, qui avait une barbe elle aussi. Une barbe piquée de jolies fleurs rouges sang.



« Ccccé…drick? »

Oh, c'était elle. La fille à barbe. Celle que l'ivrogne voulait buter.

Non. C'était Alice. La vraie. La sans-barbe. Celle que le vrai Cédrick voulait exterminer. Il fallait revenir à la réalité, maintenant. Tout de suite.
Cédrick reprit ses esprits en secouant la tête, d'un seul coup, comme si les séquelles de la chute venaient tout juste de disparaître. Suite à quoi il analysa la situation présente.

Alice était déjà debout, et son ton n'augurait rien de bon.
Elle le cherchait. Si c'était le cas, c'est qu'elle avait trop été sous le choc pour entendre le fracas des poubelles renversées par Cédrick. C'était déjà ça de pris, elle ignorait sa position.
Les mauvaises nouvelles, c'est qu'elle était proche et que lui n'y voyait rien. Il faisait beaucoup trop obscur ici. De plus, le moindre mouvement pouvait alerter Alice, vu qu'il était entouré par des poubelles qui ne manqueraient pas de tinter joyeusement au moindre geste trop brusque qui pourrait engendrer leur déplacement.

Il était coincé, donc. Il n'avait pas d'autre choix que de patienter.
Cédrick "réactiva" alors son regard hypnotiseur, et attendit que ses yeux s'habituent à l'obscurité pour déceler l'emplacement exact de l'ennemie.

Mais malheureusement, il se rendit vite compte qu'il n'avait même pas la chance de pouvoir s'autoriser cette pause.
L'éclat de ses yeux se fit subitement refléter par un liquide au sol. Un liquide poisseux, comme du sang, qui coulait dans la direction du rang Zéro qui avait perdu tout son prestige. Le sang d'Alice à tout les coups.
Elle tentait de le repérer via ce deuxième pouvoir. Et si Cédrick touchait cette flaque rouge...
Cette maudite catin ! Combien de litres de sang coulaient dans ces veines au juste ?! Cent-cinquante ?

Tant pis pour la discrétion, Cédrick du se relever. L'effort lui fit pousser un râle guttural, et aussitôt dans sa tête il imagina la Volonté de la Nuit se tourner vers la source du bruit, avec son sourire pervers et insolent.
Mais il réussit à se redresser malgré la souffrance, et s'autorisa même à s'étirer pour faire un peu craquer ses articulations.
Cela le fit se sentir mieux, mais à présent il se sentait plus crevé qu'autre chose. Il aurait tout donné pour un canapé bien moelleux avec un bon vieux livre lu et relu posé dessus, à cet instant précis. Il en avait par-dessus la tête de l'obstination d'Alice à ne pas rester sagement par terre.
Dommage, elle représentait tout de même une tâche à terminer qui empêchait le rang Zéro de s'en aller. Y repenser le fatigua d'avance.

Cédrick se ressaisit donc à contre-coeur, et alla ramasser un des couvercles de poubelles qui traînait à ses pieds sans trop s'approcher de la mare sanguine, pour se servir ensuite de cette trouvaille comme bouclier de fortune.

"-Quand tout va mal, on fait avec ce qu'on a, pas vrai ? Amène-toi sorcière." lança-t-il de façon démotivée à Alice, en guise de provocation molle.
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Ven 26 Déc - 14:41





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[ Hahaha! Trop bien trouvé, le joyeuse pâque xD Et le truc de fille à barbe x) Tu écris vraiment bien! Surtout qu’en plus je ne m’attendais pas à ce que tu répondes avant l’année prochaine vu que c’est le temps des fêtes! ^^ ]
[EDIT : Après certaines recommandations, je passe le RP en NC-13. ]

J’étais tournée vers une direction inconnue, furieuse contre cette réalité qui ne se pliait pas à mes désirs, lorsque le bruit résonna. À gauche? Ou alors à droite? Comment savoir quand on chute d’un toit les yeux fermés sans plus les ouvrir depuis? Pourquoi savoir quand c’est inutile? Toujours est-il que je me tournais vers son origine, d’un mouvement dénué de la grâce et de la fluidité naturelle qu’une vie passé à danser ou à s’entraîner me conférait normalement. Non, c’était plutôt un mouvement saccadé, comme si je n’arrivais pas à bouger plus d’un muscle à la fois. Ce qui n’était pas loin de la réalité, au fond. Après autant de temps passé  à lutter pour avoir plus de contrôle, il fallait quand même un certain temps d’adaptation pour pouvoir bouger comme il se doit.  C’est pourquoi je me retournais d’une façon si peu naturelle et avec ce même sourire qui n’avait plus rien d’humain. Le sang cessa de s’étendre à ce moment, m’en laissant très peu dans les veines. Bien trop peu pour que ce soit suffisant pour conduire l’oxygène sans le renfort de mon pouvoir.

"-Quand tout va mal, on fait avec ce qu'on a, pas vrai ? Amène-toi sorcière."



…Hein? Quoi? Trop de syllabe mises l’une après l’autre, dans une langue que  je ne connaissais pas. L’autre Alice s’y était adaptée très vite lorsqu’elle s’était retrouvée dans ce monde où personne ne parlait son italien originel, mais pourquoi l’aurais-je fais? À quoi servaient les mots? Même en italien, je ne comprenais pas tout. Trop de sons à aligner pour rien. Ma tête tomba d’un côté, comme si je ne pouvais plus la tenir droite, dans une parodie d’incompréhension ou de réflexion. Pourquoi parler quand il suffit de se taper dessus? Une réponse, il fallait une réponse pour ne plus avoir à s’en préoccuper. Mais comment exprimer ceci?  Le nom d’abord…  Al…cie? Ali…Lacie… Non… Ali…ce… Oui, Alice, Alice est le nom…



«
Il demoniaca Alice ... Non parlare come bambola Alice ... sangue ... è solo la lingua parlata ...* »


Dès que les mots furent dis, d’un ton hésitant, tous souvenirs de ceux-ci désertèrent mon esprit, de même que la parodie d’expression de concentration que j’arborais. Maintenant que l’effort était fait, il fallait s’occuper de faire couler du sang. Avec l’aide de ce dernier, je m’étais fait une idée approximative de la disposition des lieux. Dans un premier mouvement synchronisé, j’avançais d’un pas, tâchant mes bottes et le bas de ma cape de cuir au prix exorbitant. La blessure que j’avais à la tête, bien que superficielle, saignait encore un peu, malgré la faible quantité de sang qui circulait encore dans mes veines et mon bras gauche pendait mollement à côté de moi. Ma régénération naturelle de Volonté tentait déjà de commencer une guérison, mais l’os qui sortait de la peau empêchait cette dernière.  Mon autre bras se trouvait également le long de mon corps, cependant, celui-ci était crispé et ma griffe, accrochée à mon majeur, piquait mon pouce à intervalle irrégulier dans un tic dont je n’avais même pas conscience.


Que faire, maintenant? Cette personne n’était pas normale et, pour cette raison, je me retenais un peu. Les gens exhalaient la terreur, d’habitude. Ils criaient et tentaient de fuir, ce qui rendait la chasse plus amusante, mais pas en ce moment. Non, la proie restait immobile et semblait calme. Pourquoi?  Une certaine impression de malaise me donnait envie d’attendre avant d’attaquer, mais ce n’était pas comme les vestiges d’hésitation qui persistaient lorsque je m’apprêtais à glisser une lame sur ma peau, dans l’ancien monde. C’était… autre chose. Quelque chose que je ne connaissais pas et, donc, que je n’aimais pas. Je grognais d’agacement. Tout cela était inutile, des pièges destinés à  me faire perdre du temps pour rien, alors que j’en disposais toujours de si peu. Surement une tentative de cette réalité pour ne pas être lacéré. Oui, surement, tout est la faute de la réalité, comme toujours, comme au temps de l’Avant, après tout, comme il était au commencement, ainsi est maintenant et en sera éternellement.  L’Avant n’est pas différent de l’Après, il tente de me ralentir avec des vestiges de sentiments qui me font hésiter.


De nouvelles lianes sanglantes s’élevèrent de la rivière de sang qui s’étendait autour de moi et se déplacèrent avec agilité vers l’origine du bruit de ferraille.




[*]




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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mar 6 Jan - 15:02

[Merci ! Vu que j'ai trouvé que t'avais très bien raconté le basculement d'Alice dans la folie, j'ai mis plus d'efforts que d'habitude dans le post suivant, pour tenter de maintenir le niveau. ^.^''
En effet, l'avertissement devenait nécessaire.]

Le voile de l'obscurité se déchirait lentement sous l'action du temps passant, pour le plus grand bonheur de Cédrick Kessai.
En effet, plus les secondes s'écoulèrent, et plus les contours des éléments du décor se précisèrent autour du baron. Peu à peu, il fut en mesure de reconnaître les détails du milieu dans lequel il s'était délibérément plongé.
Tout d'abord, Cédrick put voir assez distinctement les poubelles renversées à ses pieds, qui formaient un "V" dirigé dans sa direction. Ensuite il discerna les ordures qui couvraient la majorité du sol autour de cette lettre métallique. Un moment après, il fut capable de détailler du regard les murs de pierre qui l'encerclaient de manière oppressante, comme si la ruelle n'était depuis le début qu'un immense tombeau sans couvercle, prêt à se renfermer sur lui.
Enfin, ses yeux finalement habitués à l'obscurité purent mesurer l'étendue de la mare de sang qu'il avait entr'aperçu juste avant de se lever. Celle-ci couvrait manifestement toute la largeur de la ruelle de son contenu bouillonnant, et elle s'était stoppée juste avant d'atteindre la barrière illusoire que formaient les deux poubelles en V. Ce liquide immonde stagnait à quelques mètres seulement du baron.
Est-ce que la Volonté de la Nuit, en face, était tombée à court de sang ou est-ce qu'elle préparait juste sa contre-offensive en prenant son temps, maintenant qu'elle était assurée que son ennemi était juste devant elle ?
Effectivement, suite à la provocation du baron, Alice devait précisément savoir où le baron se situait, à présent. Mais dans ce cas, qu'est-ce qu'elle attendait pour "s'amener" comme il lui avait suggéré, donc ? Qu'est-ce qu'elle mijotait, encore ?

En tout cas,  Cédrick profita de cette pause inattendue pour examiner davantage les lieux. Il n'y avait rien dans la ruelle qui aurait pu faciliter sa remontée hors de la pénombre en cas de fuite. Pas de caisses empilées. Pas d'échelle. Nada de chez nada. Aussi, il ne se sentait pas encore assez remis pour revenir en haut en bondissant, car ce n'était pas le moment de risquer une déchirure musculaire ou toute blessure aussi stupide en faisant ce geste ; il ne savait pas si ses jambes se portaient aussi bien qu'il le sentait après sa chute, en vrai. On ne pouvait jamais être sûr après une telle cascade.
Toutefois,  il y avait une porte. Une seule et unique porte à sa droite, dont la poignée grosse et cuivrée luisait sous la très faible lumière venant de l'extérieur du "tombeau". C'était la seule sortie immédiate que Cédrick put deviner dans le noir.
Seul hic : cette issue se situait trop loin de lui, et l'atteindre signifiait devoir traverser l'immense flaque sanguine qui lui barrait le chemin, ce qui était définitivement, incontestablement beaucoup trop dangereux.
Ainsi, l'option "fuite" était à rayer, en conclusion.

La Volonté des Immortels n'eut pas le temps de continuer l'analyse de la situation.
En face de lui, quelque part au milieu de cet horrible étang sanguin, Alice A.SaDiablo prit subitement la parole, répondant au baron après un temps qui lui avait semblé suspendu tant il était long.

« Il demoniaca Alice ... Non parlare come bambola Alice ... sangue ... è solo la lingua parlata ... »


Cédrick ne put rien répondre à cet argument, peut-être parce qu'il ne l'avait pas compris. Mais ce qu'il réussit toutefois à déduire de cette déclaration, c'était que quelque chose ne tournait plus rond chez Alice... Son ton éteint, ses silences pesants entre chaque mot, la modification subite du timbre de sa voix, le langage qu'elle employait... tout cela présageait qu'elle n'était plus dans son état normal.
Le rang Zéro supposa qu'elle était en plein état de choc depuis sa chute, d'où toutes ses différences de comportement. Ce fut la seule explication cohérente qu'il dénicha en vérité. Mais il eut beau se répéter cela comme un psaume intérieur, il eut comme une impression de malaise, vague et insaisissable.
Il se rendit compte que ce qu'il s'interdisait à penser, c'était que la Alice qu'il avait devant lui n'était peut-être pas la même qu'il connaissait jusque-là, mais une toute autre personne.
Quelqu'un d'autre, qui ne trouvait pas utile de parler en Français pour se faire comprendre, qui avait un mal fou à former une phrase entière dans sa propre langue, et qui donnait presque la totalité de son sang pour espérer piéger son adversaire.

"Plitch."

Là ! Quelque chose venait de bouger au fond ! Une masse noire, trop lointaine pour qu'il puisse la reconnaître, mais qui ne pouvait être qu'une silhouette humaine.
Car sauf erreur, les poubelles ne bougeaient pas toute seule.
C'était elle. Alice. Elle se décidait à s'avancer maintenant que sa réplique incompréhensible, donc imparable, avait été lancée, et elle commençait à traverser sa propre flaque géante d'hémoglobine. Cela venait juste de s'entendre, avec ce bruit caractéristique, semblable à celui  qu'une personne ferait en marchant dans une flaque d'eau.

"Platch...Plitch.......Platch......PlitchPlatch"

Ces petits sons retentissaient avec une irrégularité qui était impossible à ne pas remarquer. Est-ce que la Volonté de la Nuit s'était cassée une jambe, pour ne plus arriver à marcher normalement ? Peut-être même une bonne partie de son ossature ?  L'idée fit sourire faiblement Cédrick, comme si elle provenait d'un système d'auto-défense pour l'empêcher de commencer à avoir peur. Parce qu'en effet, il sentait qu'il n'aurait peut-être pas de contrôle sur la situation qui allait inévitablement arriver, et cette impression provoqua une sorte de flux de chaleur au niveau de son estomac, fruit d'un mélange d'excitation et d'appréhension.
D'autres bruits se firent entendre peu à peu, en plus de ceux des pas d'Alice. Au début ils ressemblèrent juste aux bruits de gouttes tombant dans une étendue d'eau, une sorte de "Floc" à peine audible, mais bientôt, Cédrick eut l'impression qu'une cascade venait juste de se créer, au son.
Si seulement cela n'avait été qu'une impression !

Malheureusement, il s'agissait bel et bien du sang autour de la Volonté de la noirceur qui venait de se remettre à s'agiter.  

De longs filaments se dressèrent aux côtés de l'ennemie, faisant perler quelques gouttes du sang qui les constituaient. Les fouets rouges venaient de réapparaître dans une vision cauchemardesque, aussi menaçants que la dernière fois, et prêts à en découdre à nouveau.
Voici la contre-attaque d'Alice, finalement. Cédrick avait failli attendre, mais le résultat semblait prometteur.
Ils plongèrent vers lui après un bref temps de flottement, se tortillant comme des anguilles dans l'air.
Un instant, Cédrick cru voir des sortes de mains déchiquetées se tendre vers lui, pendouillant au bout de bras démesurés et fins... si fins...
Mais il fallait arrêter de délirer. Ces choses n'étaient ni des fouets, ni des membres. Il s'agissait juste de sang animée par une magie obscure et écoeurante, à l'image de celle qui l'utilisait. Et ce pouvoir faisait mal, alors il ne fallait pas qu'Alice l'atteigne avec.
Aujourd'hui, c'était une occasion inespérée pour rendre tous les coups qu'elle lui avait portée dans le passé.
Tous. Les. Coups.

Cédrick Kessai leva son bouclier improvisé bien au-dessus de sa tête pour dévier les premières offensives des lianes sanglantes qui s'abattirent sur lui. Suite à quoi il fit un grand geste avec son bout de métal, vers la droite, pour envoyer le sang qui constituait ses assaillants repeindre le mur, et ainsi avoir le champ libre pour la suite.
Mais il resta un hic. Il y avait d'autres fils de sang, et de plus les précédents ne devraient pas tarder à se reconstituer, peut-être même avant que le baron ait le temps de détruire les autres ennemis liquides.
L'ennemi était invulnérable, mais pas éternel. Impossible à tuer et à soumettre donc.

Alice ne l'était pas, elle. Mais comment l'atteindre alors que son sang barrait le passage du rang Zéro ? Qu'est-ce qui lui permettrait de...
...Pour l'instant, une seule chose.


Sans réfléchir davantage à l'idée qui venait d'éclore dans son esprit, Cédrick Kessai arqua ses jambes, se pencha exagérément vers l'arrière et... lança de toutes ses forces son couvercle de poubelle -son unique moyen de défense- à travers les lianes devant lui, à la manière d'un frisbee.
Il y eut des éclaboussures de sang, et certaines gouttes atterrirent sur le visage et la veste de Cédrick. C'était agréable sur le moment. Ce le serait moins quand il faudra jeter ses habits définitivement fichus.
Mais le "frisbee" n'avait pas été sacrifié pour se débarrasser des filaments sanguins, ou du moins pas que. Ce lancer avait été destiné à la Volonté qui se tenait derrière ces horreurs.
S'il faisait mouche et qu'il l'atteignait, il y avait une chance qu'Alice perde momentanément le contrôle de son sang à cause du coup.
Et la Volonté au rang Zéro se saisirait de cette chance.

Pendant que le couvercle fut encore en suspension dans l'air, Cédrick s'appuya sur le mur derrière lui, et s'expulsa en poussant de toutes les forces sur ses bras, dans la direction d'Alice lui aussi.
Il courut sur la mare de sang à toutes jambes, comme un lièvre. Le risque était gros, mais si jamais Alice se faisait toucher, cela laissait à Cédrick une ouverture.
Il serra les poings tandis qu'il sentit le sang sous ses pieds s'agiter comme une mer lors d'un début de tempête. Il aurait intérêt à frapper vite et fort, au point d'assommer littéralement son ennemie, avant de se faire piéger comme un rat. Il fallait qu'il la mette à terre, pour de bon, sans plus de cérémonies.

En quelque sorte, c'était ce qui s'appelait se jeter dans la gueule de la louve.
Mais cette gueule pleine de crocs ne se refermerait pas tout de suite si, là, immédiatement, un grand bruit de choc métallique se mettait à résonner.
S'il avait eu le temps, Cédrick aurait croisé les doigts. Pourvu qu'il ne manque pas sa cible. Pourvu qu'Alice soit momentanément sonnée. Juste une seconde. Pas plus.
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Sam 10 Jan - 23:33

[ Je suis folle, en vrai, c'est pour ça 8D Plus serieusement, je veux essayer quelque chose, soit ecrire a la premiere personne pour la " poupée " Alice, comme je le fais déjà, mais à la troisième personne pour l'Alice démoniaque. Donc, voilà, scusate pour la gêne occasionnée! ]

Les yeux fermés, privée du sens de la vue, une personne normale aurait été en grande difficulté, coupée du monde. Mais l'Alice Démoniaque n'était pas une personne normale. Elle n'était même pas la Poupée Alice. Non, elle, elle était finie, achevée. Le prix des mots de ce jour oublié avait déjà été payé. Elle ne tolérait pas la lumière du jour, cette dernière la brûlait d'une manière désagréable et douloureuse, et de toute façon, elle lui donnait envie de dormir. Cependant, ses sens étaient meilleurs. Elle entendait mieux que l'autre petite poupée et les odeurs lui parvenaient mieux. Toute la grâce féline de la petite Alice venait de la Alice maudite, même si cette dernière avait, pour l'instant, de la difficulté à ré-investir le corps, après une si longue absence. Sans elle, l'humaine SaDiablo n'aurait jamais pu tenir toute ses années sans succomber à la tentation de quelques lames et à la facilité d'un unique geste pouvant tout arrêter.

Aussi, bien que l'odeur Ô combien irrésistible et tentante du sang recouvre presque toutes les autres, Alhena sentit distinctement que quelque chose déchirait ce précieux liquide vitale, séparant l'oxygène des globules rouges et des autres composantes, et elle le ressentit comme si ses poumons se vidaient de leurs airs. Elle laissa échapper un bruit strident qui n'avait plus rien d'humain et les lianes sanglantes qui commençait déjà à se reformer se tordirent dans les airs, comme prises de frissons, alors qu'elles n'étaient qu'à moitié reformées. L'Alice Démoniaque entendit aussi très bien le sifflement caractéristique d'un objet déchirant l'air. Elle l'écouta une seconde et en déduisit que l'objet la manquerait de quelques centimètres, alors elle fit la seule chose logique a faire dans cette situation; elle leva le bras, celui avec la fracture ouverte, en utilisant le sang encore présent dans ses veines pour le manipuler, car il était trop brisé pour bouger normalement. Elle le laissa rester dans les airs jusqu'à ce que l'objet non-identifié percute l'os sortit du poignet en un bruit métallique qui résonna dans le moindre os de son corps. L'os se libéra encore un peu plus de sa prison de chair, déchirant la peau et une partie du muscle, mais il était trop solide pour en être ejecté. Tout en laissant son contrôler retomber, l'Alice maudite porta une main à sa bouche, sa griffe en argent tranchant la chair du coin droit de ses lèvres sur quelques centimètres en un demi-sourire de l'ange, dans un mouvement accidentel, puis, submergée par cet exquis sentiment, elle laissa un éclat de rire la sécouer jusqu'à en faire tressauter ses épaules. Oubliant momentanément qu'elle n'était pas seule, elle laissa son élan de joie se propager jusque dans la moindre goutte de son sang et celui-ci, réagissant à l'ivresse de sa maîtresse, retourna vers elle en serpentant joyeusement, alors, tout naturellement, elle le laissa s'élever dans les airs et retomber en épines tranchantes autour d'elle, entaillant sa peau en de multiple endroit et se prenant dans ses cheveux, rendus poisseux par l'hémoglobine.


Et puis après, comme les petites épines tombés un peu partout dans un périmètre d'un mètre et demi autour de la demoiselle qui, à cet instant, ne ressemblait plus du tout à une lady,  n'avait pas autant d'odeur qu'une mer de sang, elle sentit quelque chose d'autre. Une odeur sucrée, caractéristique des Volontés et elle se rendit compte que la personne dont elle convoitait le sang se trouvait toujours là. Abasourdie, elle tenta de se rappeller à quel moment il n'était pas partit, sans y parvenir. Elle haussa les épaules dans un geste déjà plus synchronisé et rappella le Sang une nouvelle fois et le laissa tournoyer autour d'elle, tranchant, afin de se... Protéger? Elle n'avait jamais fait ça, mais un instinct persistant tentait de lui dire que c'était important.

Un instinct qui provenait d'une énorme fatigue, loin, très, très loin au fond de son esprit, là ou la Poupée Alice essayait de la pousser à transombrer avant qu'il ne soit trop tard et qui rageait parce qu'elle ne parvenait pas à attirer l'attention de son alter-ego.


[ Tu as ça, toi, un synonyme d'os? Oo Je mettrais mon code HTML demain, quand j'aurais mon ordi à disposition. C'est un peu court, mais je suis sur ipod ^^" ]

[ https://m.youtube.com/watch?v=PNhHwN2giDM Cool ]
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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Mer 21 Jan - 12:37

[HRP: Quelle gêne ? Tu fais comme tu veux pour ton rp, ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre !
Pour les os, tout ce que je peux dire, c'est que tu peux donner le nom précis de l'os concerné pour éviter la répétition (Cubitus, radius etc...) mais à part ça... Pas grand chose comme conseils.
Tu as eu du courage pour faire un post de cette longueur sur ton Ipod, je tiens à souligner ça. ^^
Ah, et désolé pour le retard. J'le ferais plus m'dame.]


Cédrick Kessai retenait son souffle, comme si le simple fait de respirer risquait de faire échouer l'audacieuse entreprise qu'il venait de commencer. Comme si le moindre souffle pouvait dévier le couvercle d'acier volant de sa trajectoire, et condamner ainsi le baron à une terrible destinée marquée par le sang d'Alice. S'il ratait sa cible, ce liquide rouge l'engloutirait. Telles étaient les règles du jeu.
Il sentait ses chaussures devenir poisseuses à cause de l'étang sanguin sur lequel il courait à toute vitesse. Elles s'imprégnaient du sang répandu par terre et devenaient plus lourdes à chaque mètre parcouru, à tel point que Cédrick eut bientôt l'impression qu'elles pesaient une tonne. Mais c'était probablement à cause du stress, de la peur d'échouer qui le rongeait depuis qu'il avait fait le premier pas sur ce lac sanguinolent, et qui maintenant faisait battre son coeur à cent à l'heure tel un tambour au plein milieu d'un concert tribal.
Il pouvait jurer entendre ces battements résonner jusqu'à ses propres oreilles, mais peut-être que ce n'était que son imagination, ça aussi.



Ses appréhensions se dissipèrent bien rapidement quand le son inespérée du "frisbee d'acier" qui touchait sa cible retentit, suivi d'un bruit de craquement d'os et de déchirement de tissu fort jouissifs. Elle était touchée ! Touchée, et bien touchée !
La silhouette d'Alice devant lui, à présent tout à fait reconnaissable,  laissa retomber le bras qu'elle venait de dresser, tandis que le couvercle de poubelle retomba dans la mare de sang. On aurait dit qu'elle avait tenté d'attraper l'objet au vol, mais qu'elle s'était complétement loupé.
Son bras semblait cassé, à en juger le bruit et la façon dont il était devenu inerte juste après le choc. Tant mieux, tant mieux, ces observations étaient fort positives pour l'avenir de Cédrick. La cécité d'Alice la poussait à commettre des erreurs très graves, visiblement.

Mais soudainement, la Volonté de la Nuit se mit à rire à gorge déployée, contre toute attente vu la situation. Un éclat de rire fou, dénué de toute logique. Celui qu'on entendait dans les films d'horreur d'autrefois, et dans les couloirs des asiles psychiatriques encore aujourd'hui. Il y avait de l'euphorie, et de la démence dans la voix de celle qui se tenait debout devant le baron.
Ce fut à ce moment que Cédrick Kessai fut définitivement persuadé qu'Alice... n'était plus Alice.


Il n'était plus qu'à deux pas d'elle quand il se fit rattraper, puis dépasser, par une grande quantité d'hémoglobine qui le traversa sans l'attaquer, couvrant son dos et ses cheveux un bref instant avant de s'en décoller pour rejoindre sa maîtresse, voletant autour d'elle.
Cédrick Kessai s'arrêta du mieux qu'il put malgré la fourberie du sol glissant sous lui, maintenant qu'il voyait que le danger n'était plus derrière mais face à lui.
Pas de chance, mince. Il avait été trop lent pour mettre son plan téméraire à exécution, c'était l'heure de prendre ses distances à présent.

Il recula d'un bond quand le sang se mit à s'élever dans les airs. Il recula encore quand elles s'abattirent sur Alice sous la forme de multiples aiguilles, et il recula une dernière fois quand il comprit ce qui s'était passé à l'instant.
Il cru rêver, avoir été trompé par l'obscurité ou par sa fatigue qui allait croissante, mais il du se rendre à l'évidence. Alice venait tout juste de se blesser toute seule. Les épines ne l'avaient même pas visé, lui. Pas une seule seconde Cédrick avait été la cible de cette attaque.
Elle l'avait fait volontairement. En vrai, depuis le début de l'utilisation de son pouvoir, elle se mutilait elle-même, et en éprouvait un certain plaisir. C'était évident maintenant.
Autant au début c'était compréhensible, car il lui fallait du sang pour utiliser son second don.  Mais est-ce qu'elle venait juste de se casser le bras, avant de se taillader elle-même avec son propre hémoglobine, alors que presque tout son sang se trouvait là, répandu à même le sol ?!


"-Tu es encore plus malade que je le pensais." souffla-t-il du bout des lèvres avec mépris.

Il voulut ajouter une insulte, hésita entre "psychopathe" et "monstre", puis se dit finalement que ces mots-là n'étaient pas des injures dans le cas d'Alice, juste une vérité évidente. Il se tut donc après sa déclaration.
Alice, elle, n'avait pas fini. Elle rappela encore du sang vers elle pour l'enrouler autour de son corps, probablement en guise de bouclier. Celui-ci glissa sous les semelles de Cédrick, qui manqua de tomber mais qui prit appui contre le mur à sa droite pour ne pas faire cette erreur.


Il resta immobile par la suite, contemplatif et calme. Était-ce vraiment un bouclier qu'elle formait, ou un autre moyen de se faire du mal ?
Il pouvait entendre le sang s'agiter dans un bruit entre celui du fouet et celui d'une lame tranchant l'air, là-bas.
Si c'était la deuxième proposition, allait-elle se détruire dans sa folie dangereuse ? Ce serait un coup de pouce inespérée, en plus d'un spectacle inoubliable, mais cette perspective était trop belle pour être vraie.
Ce qui était sûre, c'était que ce qu'elle avait fait ne lui serait d'aucune utilité. Même si elle avait un troisième pouvoir caché lié à la douleur, qui serait assez masochiste pour se briser le bras de lui-même ? Sérieusement ?
Alice, bien sûr.
Ah. Oui. C'était vrai. Autant rester sur ses gardes en fin de compte.

Tant pis pour ses jambes peut-être lésées, Cédrick décida de sortir de cet enfer où on n'y voyait rien.
Il sauta avec vivacité vers le mur sur lequel il s'appuyait, avant de l'escalader à toute vitesse comme un chat aux pattes souillées de sang.  Il n'eut pas à trouver de prise, juste à pousser sur ses pieds et ses bras, les plaquant contre la surface dure.
Ses mollets le lancèrent un peu durant l'ascension, mais c'était beaucoup plus négligeable que prévu. Il pu monter vite et bien, ainsi.
Il tourna le dos à son ennemie une fois en haut, restant accroupi quelques instants pour reprendre son souffle. Il faisait nuit noire, donc il ne put pas se repérer dans l'espace aussi bien que prévu, mais c'était suffisant. Surtout, il se sentait moins acculé maintenant qu'il disposait de plus d'espace. Il n'était plus dans "le tombeau sans couvercle".
Finalement, il se releva et se retourna vers Alice.
Silhouette indistincte entourée d'un brouillard liquide. Avec un peu de chance, elle devait penser que son ennemi était toujours en contrebas avec elle. Cédrick avait l'avantage du terrain et de la vision, maintenant qu'il était au-dessus d'elle.


Mais il savait qu'il ne pourrait pas l'approcher. D'une part à cause du sang qui l'entourait, d'autre part parce qu'elle gardait ses yeux obstinément fermés, rendant impossible toute hypnose, et enfin, car Cédrick n'avait aucunement l'intention de redescendre dans cette ruelle obscure et au sol teinté de rouge.
Il sut déjà quoi faire pendant qu'il présentait les faits mentalement. L'idée ne le réjouit pas tellement, mais c'était "la moins pire" parmi les autres propositions.

C'était ça, ou appeler tous ses Chasseurs à la rescousse. Ou autrement dit, devoir tomber le masque devant eux, et perdre ensuite plus de la moitié des effectifs du clan quand il les lancera contre Alice A. Sadiablo. S'ils acceptent de lui obéir quand ils auront appris qu'il est une Volonté...

Cédrick Kessai baissa la tête et regarda la texture du toit qui le soutenait. Du béton, probablement mélangé à d'autres matières tout aussi dures, il n'en savait rien. Aucune idée de la structure de ces nouveaux bâtiments, reconstruits plus ou moins avec les moyens du bord après le Grand Cataclysme.

L'important, c'était que le temps n'avait pas d'emprise sur cet élément.

Le baron leva haut les bras, fléchit les jambes, puis abattit ses poings rapprochés et fermés, de toutes ces forces, sur la structure qui le soutenait. Douleur intense et sons de craquements d'os mêlés à ceux du béton.
Quand Cédrick releva les mains, des craquelures parcouraient la matière qu'il venait de frapper, et il y avait quelques gouttes de sang qui coulaient dans ces fissures, comme de minuscules rivières dans leur lit.
Pas encore assez.
Il recommença avec encore plus de violence sans ménager ses phalanges meurtries, serrant les dents le maximum possible. Un nuage de poussière de plâtre se souleva autour de lui avant de retomber comme de la neige, tâchant son costume de blanc.
Cette fois-ci, il y eu des crevasses assez profondes pour la suite de son plan forgée à la hâte, dans la structure du bâtiment.

Avec une lenteur presque langoureuse, Cédrick se mit ensuite à genoux devant son oeuvre, et plonga son regard bleu océan dans le vide des deux trous qu'il venait de créer, avec un minuscule sourire.
Tout était hypnotisable, si c'était éternel et que ça avait des "yeux".

Les mains sanguinolentes du manipulateur lui semblèrent paralysés. Il les sentait à peine, et ses doigts couverts de rouge tremblaient spasmodiquement contre sa volonté, mais tout cela n'avait pas d'importance
Il allait écraser Alice, voilà ce qui était essentiel.

Une lueur bleue, très faible, s'alluma au fond des crevasses du béton. "Ça" écoutait les ordres, à présent.
D'ordinaire dans ces situations-là, une sorte de lien psychique se créait entre Cédrick et ceux qu'il hypnotisait. Un contact télépathique à sens unique, qui permettait au rang Zéro de juste penser ses ordres sans avoir à les prononcer à voix haute. Ces ordres étaient associés à des mots et/ou à des images qui se transmettaient aussitôt dans l'esprit du pantin, comme si c'était lui-même qui venait de penser ces mots de manière totalement spontanée et naturelle. Ce système avait l'avantage de pouvoir donner une représentation très précise de ce qu'on voulait, sans le dire.
Mais là, la chose dont Cédrick était en train de prendre le contrôle n'avait pas de conscience. Il fallait donc qu'il énonce ce qu'il voulait distinctement et clairement s'il voulait se faire comprendre.

Cédrick, suite à ce rappel mental, prit grand plaisir à prononcer un ordre, ou plutôt un mot, un seul.

"-Vis."

Une très légère secousse parcourut l'ensemble du bâtiment sur lequel Cédrick se tenait. Bien que l'ordre fut peu précis, il avait été compris. Tout cet amas de matières lourdes et géologiques était à présent une entité vivante, capable de se mouvoir.
Rien que l'idée de contrôler une telle masse donna mal à la tête au baron, mais il se consola en se disant qu'Alice serait dans un état bien pire dans quelques minutes.

Elle aurait une bonne raison de saigner.
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Alice A. SaDiablo
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Ven 6 Fév - 1:04





« Requiem for my humanity »

« Rouge souvenirs »



[ Je n’avais tellement pas prévue d’en arriver là aussi tôt…  Enfin, bref, tant pis. Il aurait fallu que je joue cette carte là un jour de toute façon, aussi bien que ce soit pour quelque chose qui en vaille le coup. ]

Je me sentais… Si bien. Pourtant, il me semble que la journée avait été mauvaise. Mais quelle importance une journée pouvait-elle bien avoir? Ici, couchée dans l’herbe, les bras croisés derrière la tête, j’avais l’impression d’être dans un autre monde, loin de ma vie, loin de l’orphelinat, loin de tout.

- Dis Ali, tu crois que les étoiles brillent la nuit parce que la lumière veut rester proche de l’obscurité?

Je souris en entendant sa voix et profitais de ces sons qui me semblaient si parfaits avant de laisser mon cerveau les assemblés pour en faire des mots. Au premier abord, ça ressemblait à une question stupide. N’importe qui se serait sûrement arrêté là dans son raisonnement. Après tout, les questions stupides, c’est assez courant venant d’un gamin de onze ans. Sauf que moi, je n’étais pas n’importe qui et je connaissais bien Zéro. Comment avait-il pu en arriver à cette question?  La dernière fois, je lui avais demandé pourquoi il venait toujours me voir. Il n’avait pas répondu. Et après autant d’années à se voir, les mots ne sont pas toujours importants. Alors quand il m’avait rejointe et s’était étendu dans l’herbe à côté de moi, il n’avait rien dit et moi non plus. Les gens n’aiment pas l’obscurité. Ils détestent ce qu’ils associent au mal.
- Dis Ali, tu crois que je viens te voir parce que je veux rester près de toi?
Presque avant que j’ai le temps de terminer ma phrase, il s’assit et me regarda, croisant mon regard sans que ça ne semble le déranger.
- Je ne suis pas une étoile et tu n’es pas l’obscurité, mais je viens te voir parce que j’ai envie d’être avec toi. Je ne comprends pas pourquoi tu en doutes encore, Il mio angelo.
Je me le regardais jusqu’à ce que le bleu de ses yeux me fasse oublier la couleur rouge.
- Je ne suis pas un ange. Je ferais de mauvaises choses si je le pouvais. Je tuerais tout le monde pour qu’il ne reste que toi et moi. Je serais destructrice.

- Tu ne le ferais pas. Tu n’es pas destructrice. Ça ne te plait pas de faire du mal aux autres. C’est juste que tu ne veux pas qu’ils t’en fasse.

- J’aurais envie de le faire.

- Juste pour te protéger.

- Quand tu me regardes, tu me vois telle que je suis ou tu me vois telle que tu voudrais que je sois?

- Quand tu regardes ton cœur, tu te contentes d’en voir les mauvais côtés ou tu te forces pour en voir aussi les bons?

Tandis que je regardais la jeune moi de loin, je souris en même temps qu’elle parce que la réponse était simple et naturelle, et que même si ce souvenir datait de plusieurs siècles, elle le restait. C’est à ce moment-là que je remarquais que la petite Alice avait du sang sur le visage et sur les mains. Je soupirais, lasse. Je ne voulais pas me rappeler que ce n’était plus réel. Je n’avais pas la moindre envie de me réveiller, je voulais juste dormir et rester ici pour toujours. À quoi bon me réveiller encore une fois dans un monde qui tombe de plus en plus ruine, où je devrais encore me battre pour des gens qui ne voit que les mauvais côtés des Ténèbres, en étant quelqu’un que je déteste?  Ce serait si facile de juste rester ici et attendre de mourir. Ce serait enfin fini. Je n’aurais plus jamais mal, plus jamais de malédiction à combattre, plus jamais de combat, plus jamais de remords… Les gens auraient ce qu’ils veulent; un monde lumineux, sans rien pour l’assombrir… Puis après, les choses dégénéreraient. Et tout finirait par disparaître. D’abord les Volontés rattachés à la Nuit et leurs Contraires. Puis la mienne et ceux qui lui sont rattachés et leurs opposés. Ensuite, les autres Rangs Un tenteraient de maintenir un équilibre et d’assumer toutes les fonctions des Immortels disparus, tout en combattant le Chaos et les catastrophes. Les plantes mourraient, privées de la Lumière du Soleil. La Volonté de la Nature succomberait, suivis d’une nouvelle vague de mort. Sans l’oxygène de la végétation, les gens suffoqueraient. L’eau n’aurait plus de marée, sans la Lune. Et ainsi de suite jusqu’à ce que le monde soit détruit. Et alors quoi? Je n’ai jamais caché aux gens que j’étais méchante. Je suis les Ténèbres. Et en passe de devenir une créature qui a besoin de détruire les autres pour survivre. N’est-ce pas simplement ma nature de détruire les choses? Dans ce cas, pourquoi lutter? Je regardais la petite Alice qui, elle, regardait Zéro. Et pour la première fois, je souhaitais qu’elle ne prononce pas ces mots-là.


- Je ne suis pas une ange… Mais pour toi, je veux bien être différente.

Je soupirais en laissant mes souvenirs se dissiper et me laisser dans le noir. Puis, je me rapprochais un peu de la réalité. Juste un peu. Et je laissais le flot d’instincts, d’impressions et de sentiments de l’Alice Démoniaque arriver jusqu’à moi, puis essayais de les relier à des actions pour savoir où j’en étais, tout en bataillant pour reprendre un peu de contrôle, avant d’abandonner cette idée en sentant une vague de douleur bien trop atroce pour qu’elle me soit supportable approcher. * Timbrée! *

Comment pourrais-je me tirer de là, maintenant? Si je ne peux pas reprendre le contrôle de mon corps, comment pourrais-je me battre? Impossible de changer de dimensions ou de disparaître dans l’ombre, mon alter-ego ne pouvait pas utiliser les Ténèbres…  Si je pouvais juste trouver un moyen de partir d’ici… Mais comment, sans mes pouvoirs?  Si seulement l’Alice Maudite pouvait penser à autre chose qu’au Sang et à la douleur, obéir à un autre instinct qu’à celui de tuer… Eh puis, quel manque de logique. L’instinct de tueur n’est normalement pas celui auquel les créatures vivantes obéissent en premier… Je m’arrêtais sur ce détail. Une créature vivante. J’étais une Volonté, et à l’origine, une humaine. Et selon la logique de ces deux natures, le Sang est synonyme de douleur et de mort. Même sans réflexion, même sans intelligence, un humain associera le Sang à la douleur et à la mort, puisque c’est seulement à cette occasion qu’il le voit. Aussi logique que les créatures vivantes mangent et dorment, même sans avoir l’intelligence de savoir qu’ils mourront s’ils ne le font pas. L’Alice Démoniaque n’est pas une personne en tant que tel. Juste une part de moi qui retenais la malédiction. À peine plus qu’une bête sauvage. Pourquoi quelqu’un qui n’obéit qu’à l’instinct provoquerait-il quelque chose qui le blesserait? Aucune créature vivante au monde ne ferait ça. Aucune créature vivante…

À ce moment-là, j’eus presque envie d’éclater de rire. * Stupide humaine… Tu as encore une logique d’humaine. * La logique de ne voir les choses que de son propre point de vue. Tandis que si on regarde les choses d’un autre angle, la réponse est tellement simple que c’en est presque trop facile. J’aurais beau m’acharner cent années durant à dessiner un corbeau qui m’est caché par un arbre, je n’y arriverais jamais. Sauf si je contourne l’arbre ou que je me place à un endroit où il ne me cachera pas.  L’Alice Démoniaque n’est pas une créature vivante. Elle n’a pas les mêmes repères qu’une créature vivante. C’est juste la partie de moi qui a déjà succombé à la malédiction, sauf que, comme je résiste encore, elle n’a ni mon intelligence, ni mon contrôle. Elle n’a pas besoin de dormir, pas besoin de craindre d’autres prédateurs… Elle veut juste du Sang. C’est la seule chose que la malédiction précisait. Serena n’avait jamais parlé d’envie de mutilation, elle avait parlé du Sang des Vivants. Le Sang des Vivants pour vivre.  Ce n’est pas à l’instinct de tuer qu’elle obéissait, l’autre Alice, mais à l’instinct de survie. Se nourrir pour survivre. Ce n’est pas à la douleur qu’elle devrait associer le Sang, mais à la vie. Prendre la vie des autres pour être sois même vivants. Mais alors, pourquoi l’automutilation?... La malédiction et ce que je lui ai abandonné… * Je suis vraiment idiote. Comment ai-je pu survivre pendant si longtemps en étant aussi idiote? *

D’aussi loin que je me souvienne, mes souvenirs ont commencé dans le sang et la douleur. Les deux toujours entremêlés. C’est ce qui m’a rendue suicidaire au fil du temps.  Logiquement, ce sont deux choses qui me nuisent, puisque je dois maintenant rester en vie pour réaliser le rêve de Zéro. Logiquement, ça ne me sers à rien. Logiquement, j’ai cherché à m’en débarrasser. Et toujours aussi logiquement, la malédiction a pris ce que je ne défendais pas pour avoir plus d’ampleur. L’Alice Démoniaque n’est pas suicidaire. Elle fait tout pour survivre en cherchant du Sang. Elle se soucie de sa vie… Celle qui ne s’en soucie pas, c’est moi. Ça date de ma vie mortelle. Au moment exact où mes souvenirs me donnaient envie d’arrêter de lutter, mon alter ego avait utilisé ses pics de sang.  Et aucune humaine au monde n’aurait survécu à ça. Quand au reste… Elle voulait du Sang. J’associais le Sang à la douleur. Mais évidemment, mon Sang ne suffisait pas. Alors elle provoquait de la douleur pour en trouver un qui suffirait… Sans comprendre que ça ne marcherait pas. Et avec ces informations-là, la réponse devient évidente. Elle n’a pas ce qu’il faut pour survivre, puisque tout ce que je lui ai laissé, c’est mes envies de mourir et une perception faussée. Sans intelligence pour la rectifier…

* Je ne veux pas faire ça. * Vous savez, j’adore le Jour. Le Soleil et tout ça. C’est ironique, n’est-ce pas? À la base, si j’oublie tout ce que j’ai vécu, je souhaite le meilleur aux gens. Je n’aime pas leur faire du mal. Quand j’étais humaine, je détestais ma vie et mon œil rouge. Depuis que je suis devenue Immortelle, ça a changé. J’ai commencé à faire du mal aux autres, même si je n’aimais pas ça, je ne pouvais pas me contrôler. Mais en fait, chaque fois que je tue quelqu’un, je pense aux enfants que je transformerais peut-être en orphelins, aux familles que je brise et aux amours que je vole. C’est probablement la seule chose qui me reste de ce que j’aurais pu être si j’avais eu une vie différente. Tout ce qu’il y avait d’autre, j’ai dû l’abandonner pour devenir quelqu’un de fort, de solide et de résistant. Je voulais être sans faiblesse pour que personne ne puisse plus jamais me faire de mal. Plus je me suis mise à blesser les gens, plus j’ai commencé à me détester. J’aurais pu être mieux que ça et je le sais. J’aurais pu être une bonne personne. La seule chose que rien ni personne n’a jamais pu m’enlever, ni l’orphelinat, ni la mort de Zéro, c’est mon envie d’empêcher les gens de souffrir comme moi j’ai pu souffrir. Oh, je sais que je ne l’ai pas respecté. J’ai fais souffrir des gens. Par haine ou par manque de contrôle. Mais, au moins, je le regrettais. Je me suis battue contre la malédiction de toutes mes forces parce que je ne voulais pas devenir quelque chose qui aurait besoin de voler la vie des autres pour survivre.  Sauf que maintenant, c’est fini. L’Alice Démoniaque ne survivra pas à ce combat sans intelligence. Si je reviens, je ne supporterais pas la fatigue et la douleur, sans compter que je ne pourrais plus bouger. Je pensais au bleu des yeux de Zéro qui ne serait plus jamais là pour me faire oublier la couleur rouge. Puis je comptais jusqu’à trois. Et pour la première fois de toute ma vie d’Immortelle, je laissais tout tomber et je sédais tout à la malédiction.


"-Vis."

Avant même que la douleur ne se rappelle à mon bon souvenir, la haine me submergea. Je le détestais avant. Alors qu’il ne m’avait jamais fait de mal. Maintenant, à cause de lui, j’avais dû abandonner la seule chose que j’avais réussis à garder malgré tout à cause de lui. Mon humanité. Perdue. À cause de lui! Si je le détestais avant, il n’y a aucun mot qui puisse décrier à quel point je le haissais maintenant. Serrant les crocs, je fis revenir la majorité de mon Sang dans mes veines. Ça aida un peu à combattre la douleur. Pas beaucoup. Et sincèrement, elle était monstrueuse. Je n’y aurais pas résisté, s’il n’y avait pas eu l’instinct de survie et l’adrénaline. Pour mon poignet, je ne pouvais pas faire grand-chose, à part attendre qu’il guérisse tout seul et le bouger en utilisant le sang.  J’appellais les Ténèbres. Pas en lianes, pas en vappes, pas en balles, mais en nuage opaque que j’envoyais entre l’endroit où, selon son odeur, se trouvait mon ennemi, et moi. J’avais besoin de mes yeux. Alors après avoir placé mon obstacle entre Cédrick et moi, je les frottais d’une main pour en déloger  le sang séché et clignais des paupières. Et j’eus le vertige pour la première fois de ma vie. La précision des choses, les détails, les couleurs, les contrastes était totalement différents de ce que j’avais toujours vue. Tellement plus… parfait que c’en était déroutant.  Comptant encore une fois sur l’instinct de survie pour me faire oublier ça, je bondis sur un toit pour avoir une meilleure vue, me rappelant parfaitement de l’étrange  vis de mon adversaire et observais, veillant en même temps à ce que mon nuage reste parfaitement opaque.

« Qu’est-ce que tu peux bien trafiquer? »



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Cédrick Kessai
MessageSujet: Re: Rouge Souvenirs [NC-13]   Lun 9 Fév - 18:15

[Quelle flatterie, et quelle joie !
Tu as fait un très beau cadeau à Céd' avec cette carte. Même s'il ne parvient pas à tuer Alice grâce à celle-ci, il sera fou de joie d'apprendre ce que ton perso as du abandonner pour combattre. Il deviendra tellement fier de savoir qu'il lui a volé tout ce qui lui restait de son humanité... C'est un grand jour. ♫]


Elle allait mourir. Alice la folle allait mourir. Ses insultes ne pourraient plus jamais sortir de sa gorge, broyée sous des tonnes de gravats. Son corps tout entier ne serait plus qu'un amas de chair sanguinolente.  Ce tas immonde et répugnant flamberait sous une pluie ardente de cendre de phoenix. Alice disparaîtrait à tout jamais de ce monde. Le monde la suivrait dans sa déchéance. Toutes les Volontés mourraient avec leur haine et leur mépris ainsi. Les Humains périraient à leur tour, avec leur stupidité et leur peur. Tout le monde allait crever. Cédrick lui-même subirait le même sort, mais cela n'était pas grave. Ainsi, il pourra retrouver Celle qu'il n'avait jamais pu oublier ni remplacer. C'était la seule manière logique de procéder pour atteindre le Bonheur qu'il avait perdu. La seule manière logique.
La Volonté de la Vie éternelle exulta à cette idée de scénario. Dans sa tête, il se représenta la mort prochaine de Sadiablo sous tous les angles, avec une précision et une netteté d'image terrifiantes. Il la voyait périr écrasée, démembrée, réduite à néant sous le poids de la force que lui allait déchaîner sur son pauvre et fragile petit corps. C'était trop bon, trop délicieux. Le corps de Cédrick fut parcouru de frissons sans interruptions à cette idée, agréables sensations.

Mais le rêve n'était pas encore palpable, il n'était pas encore réalité. En attendant que cela se produise, le baron devait garder les yeux sur sa toute nouvelle création, c'est-à-dire sur la surface du bâtiment auquel il venait de donner la vie. C'était la seule condition pour obtenir la victoire : garder le contrôle sur cette chose.
Ce n'était pas aussi simple qu'il le pensait cependant. Vu que son regard devait rester fixé sur le béton, il ne pouvait pas garder Alice sous sa surveillance. Ou plutôt, il ne pouvait pas tourner la tête directement vers sa direction, plus précisément. Mais il serait toujours possible de la maintenir dans son champ de vision, pour la regarder du coin de l'oeil, sans pour autant quitter son immense marionnette des yeux. Cela restait un handicap, néanmoins.
Mais il ne fallait pas s'inquiéter pour ce détail de toute façon. Alice avait visiblement perdu sa capacité à réfléchir correctement. Elle ne faisait plus que rire et se blesser elle-même, perdue dans les méandres de sa folie incommensurable. Elle ne voyait même plus son ennemi, et ne cherchait plus à l'attaquer. C'était réglé donc.
C'était le Sang qui l'avait atteint, Cédrick en fut certain. L'utilisation de ce second pouvoir, qui avait fait verser tant de liquide rouge, lui avait fait atteindre ses limites mentales. Elle n'avait commencé à agir avec cette façon si étrange et singulière que lorsqu'elle avait commencé à verser ce sang.
Or, sans capacité de réflexion, Alice était fichue. Elle était devenue vulnérable grâce à sa folie auto-destructrice et qui la limitait intellectuellement. Une vraie cible sur pattes.
Aussi vulnérable qu'un bébé chat. (;D)


« Qu’est-ce que tu peux bien trafiquer? »


Pas possible. Pas déjà. Elle était si loin, en train de se détruire à petit feu, juste quelques minutes auparavant ! Cédrick sentit soudainement et de nouveau le goût amer, dégoûtant de ce qu'il avait régurgité bien plus tôt, sensation coincé quelque part  au plus profond de sa gorge.  
Que s'était-il passé ? Pourquoi avait-t-elle repris la capacité à parler français aussi bien, avec cet accent italien et son ton arrogant qui rendaient sa voix reconnaissable entre mille ?!
Pourquoi est-ce que tous les bons moments, tous les répits agréables, avaient-ils une fin ?!
Pourquoi, par tous les Dieux qui ont détruit l'Ancien monde, Alice était-elle toujours elle ?!

Cédrick ne leva pas les yeux. A vrai dire, il ne fit pas dériver son regard une seule seconde du sol qu'il s'obstinait à fixer. S'il l'avait fait, il aurait pu constater la présence d'un brouillard ténébreux entre lui et la sorcière, mais il jugea devoir rester concentré au lieu de cela. C'est pourquoi il se contenta de serrer les dents avant de murmurer un nouvel ordre à "son" édifice, en se penchant vers lui.

« Élève-toi dans les airs sans te désagréger, en restant parfaitement vertical pour que je ne puisse pas tomber. Maintenant. »

L'ordre était lancé. Plus rien ne pourrait entraver ses conséquences.


Il n'y eut pas de temps de latence. Nouvelle secousse, beaucoup plus violente cette fois, d'abord brève, avant que tout le bâtiment ne se mette à trembler. Bruit de craquement, qui se mua assez vite en grondement assourdissant. Un son de tremblement de terre, entrecoupé de grincements, de bruits de craquelures, et de tuyauterie qui lâche. Un instant, on crut entendre le grésillement de plusieurs câbles électriques. Mais le tout fut à moitié étouffé par le bruit du grondement, qui surpassa tous les autres en termes de décibels. On aurait cru entendre le hurlement de douleur d'un Dragon.
Puis ce fut le silence. Tout sembla redevenu normal l'espace d'un instant.
Sauf qu'une vieille habitation était en train de monter en douceur vers le ciel, surplombant le quartier Nord de Somnia Libertas.

Ce fut alors que les hurlements commencèrent.
Cédrick avait supposé que le bâtiment qu'il venait "d'emprunter" était vide. Erreur de sa part.

La porte d'entrée de celui-ci s'ouvrit brusquement sur le vide, laissant apparaître trois jeunes femmes et un vieil homme qui voulaient s'échapper de leur maison prise dans ce qu'ils croyaient être, comme tout le monde, un simple séisme.
Ce geste de survie primaire les condamna. Ils chutèrent de plusieurs dizaines de mètres avant de se rompre tous les os sur le sol. Ce furent eux qui poussèrent les premiers cris lors de leur chute.
"Pas une grande perte", aurait jugé Cédrick s'il avait pu voir ce spectacle.
Par la suite, tous les Humains qui étaient derrière ces victimes hurlèrent à leur tour quand ils virent que leur échappatoire était devenu un piège, et que certains de leurs semblables avaient été happés par lui.
Ils eurent peur de tomber à leur tour vu que la porte était toujours ouverte, et que les autres gens derrière eux les poussaient, sans avoir pu voir ce qu'il venait de se passer à cause de la foule.
Certaines personnes étaient restées à leurs fenêtres, et appelaient à l'aide à travers elles, comme si quelqu'un pouvait réellement intervenir et reposer ce bâtiment à terre avec délicatesse. Ils savaient que quelque chose ne tournait pas rond, et cela les inquiétait un peu, c'était normal après tout. Peut-être qu'ils se doutaient tous qu'ils allaient mourir, aussi. Qui sait ?


Pour la part de celui qui avait causé cette catastrophe, il était à présent allongé sur le toit de l'habitation volant, le front apposé contre sa surface froide et dure.
La tête de Cédrick brûlait, comme si un poison virulent coulait dans son cerveau. Sa vision était floue, tellement qu'il n'aurait même pas pu discerner le bout de son nez. Ses mains ensanglantées gisaient à côté de lui comme si elles étaient mortes. La Volonté de rang Zéro avait mal. Mais il était heureux. Il se sentait vivant.
Plus vivant que jamais.

« On est assez haut. Stop. Reste en l'air sans plus bouger. » ordonna-t-il d'une voix éteinte.

Il ne sentit pas l'ascension s'arrêter, mais il n'y avait pas de raison pour que l'ordre ait été mal compris, donc tout était bon.
Tout était parfait.

« Alice... »
gémit le manipulateur avec un demi-sourire sans rien ajouter de plus.

Le "pantin de béton" ne reconnut pas ce mot comme un ordre. Il ne fit donc rien à part rester suspendu au-dessus du quartier Nord.
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Rouge Souvenirs [NC-13]

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